‹ Phidias: sa vie et ses ouvragesChapitre 264 sur 289 · Man. d'Arch,y · texte numérisé non relu

Man. d'Arch,y

364 PBIDIAS.

statues du fronton occidental du Parth(^non, on éprouvera peut-être quelque embarras à croire que les marbres de Phigalie soient l'ouvrage de la même main qui a sculpté rilissus, A choisir entre deux conjectures, celle de M. Beulé me semblerait devoir être préférée à celle de M. de Stackelberg. Mais ce sont là matières très-délicates et dans lesquelles on ne saurait apporter trop de circonspection. Pour moi, s'il m'était permis de faire aussi ma conjecture, j'inclinerais à penser qu'Ictinus, en s'associant un élève de Phidias pour la décoration du temple de Phigalie, a dû choisir, non le plus illustre et le plus indépendant, mais celui ^ur lequel il pouvait avoir le plus d'influence, et cette idée m'est inspirée par le caractère même de ces sculptures phigaliennes.

La frise de Phigalie me paraît avoir à un haut degré le caractère décoratif. Il y a deux manières d'entendre la décoration des édifices par la sculpture, suivant l'effet qu'on veut produire : ou bien on s'efforce de maintenir dans les lignes des figures une régularité et une gravité qui répondent à la gravité et à la régularité des lignes de l'architecture; ou bien onr affecte au contraire de rompre la monotonie des lignes de l'architecture par le mouvement et la variété des groupes sculptés, La grande manière de Phidias se tient en équilibre entre ces deux systèmes, associant, dans ses créations idéales, la vie la plus libre au caractère le plus solennel; c'est la grandeur et la perfection mêmes. La frise de Phigalie a été conçue et exécutée dans le système de la variété et du mouvement. Ne serait-il pas possible qu'Ictinus, afin de transporter dans la décoration de son édifice le parti

Page 1