DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE VII
qu'on voit au musée du Louvre, elles offrent aussi moins de naturel et de fraîcheur. Que faut-il conclure de ces diverses comparaisons? Le caractère de ces sculptures, dont, suivant 0. MûUer^, la composition offre une richesse d'invention qui ne saurait être surpassée, me paraît exclure l'idée de les rapporter à une époque antérieure à l'influence de Phidias. Toutes les circonstances historiques semblent d'ailleurs concourir h en fixer la date soit aux années qui ont précédé immédiatement, soit à celles qui ont suivi la mort de Phidias. Elles sont encore presque certainement d'une main athénienne. La dureté qu'Otfried MùUer a remarquée dans ces sculptures ne doit pas, ce me semble, empêcher de les attribuer à un artiste de Técole de Phidias ; car, parmi ceux qui reçurent ses leçons, il s'en trouvait plus d'un sans doute qui avait hérité de maîtres plus anciens cette manière crue qu'ils ne purent complètement assouplir. Plus d'un aussi, pour se faire une manière individuelle, a pu s'inspirer à la fois des traditions encore vivantes de l'ancienne école et des enseignements du maître qui donnait à l'art une infipulsion nouvelle et si puissante.
Devrons-nous cependant attribuer les bas-reliefs de Phigalie au plus éminent de ces artistes qui profitèrent de l'enseignement du grand maître athénien pour réformer et vivifier leur style, à celui qui fut son rival en même temps que son élève? Ce serait peut-être faire à ces sculptures plus d'honneur qu'elles n'en méritent. Si l'on admet la conjecture qui attribue à Alcamène les