‹ Phidias: sa vie et ses ouvragesChapitre 54 sur 289 · PREMIÈRE PARTIE. *- CHAPITRE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. *- CHAPITRE

On connaît trois Vénus de Phidias. Je parlerai ailleurs de celle qu*il fit en Élide. Pausanias ne nous apprend rien sur la Vénus Uranie d'Athènes, sinon qu'elle était en -marbre de Paros^. La troisième Vénus dont parle Pline , et qu'on voyait à Rome dans les portiques d'Octavie , était de marbre aussi * et d'une beauté parfaite. Les Vénus de Phidias étaient dignes sans aucun doute de la sévérité d'inspiration qui présidait à toutes ses œuvres, sans exclure cependant la grâce. Nous savons que deux de ces statues étaient des Vénus Célestes , et cela seul indique l'esprit dans lequel Phidias avait conçu et traité la déesse de Chypre. Pour la troisième , dont Pline vante la beauté , on doit croire qu'elle différait autant de la Vénus de Cnide que le génie de Phidias de l'art de Praxitèle. On lit , il est vrai , dans des scolies sur Grégoire de Nazianze, qu'une Vénus de Phidias produisait sur les spectateurs des impressions erotiques analogues à ce qu'on raconte de la déesse cnidienne ; mais il y a là une confusion évidente, et rien n'est plus éloigné du caractère des œuvres de Phidias qu'une expression sensuelle et voluptueuse. Si Phidias a voulu faire une fois l'apothéose de la beauté féminine , croyons qu'il n*a dépouillé Vénus de ses voiles qu'avec le respect dû à sa divinité. Sans doute la fille de l'Olympe, révélée par lui dans sa nudité divine aux yeux des mortels , n'a pas cessé d'être une déesse en devenant une femme : Phidias sculptait pour Athènes et non pour Corinthe.

Nous ne savons rien de la statue de la Mère des dieux

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