XII PRÉFACE
été détruite par la foudre. Ces belles ruines, si longtemps abandonnées, sauvées par cet abandon même d'une destruction complète, durent s'étonner de sentir des mains pieuses relever leurs débris , essuyer leur poussière, les entourer d'honneurs oubliés, comme si l'indépendance de la patrie eût fait refleurir sous le ciel de l'Attique le culte des ancêtres, comme si les dieux de la Grèce eussent ressuscité du tombeau avec son peuple.
On sait quelle part active et directe la France a prise aux recherches sur l'antiquité grecque par la fondation de récole d'Athènes ^, d'où sont sortis d'importants travaux et plusieurs hommes de science et de talent. L'Angleterre, bien qu'elle compte dans son sein des archéologues distingués, a surtout signalé son zèle par l'enlèvement organisé de toutes les vieilles pierres sculptées au profit de ses musées. Mais la meilleure part, il faut le reconnaître, a jusqu'ici appartenu à l'Allemagne dans les travaux dont la Grèce antique a été l'objet; l'art de la Grèce et sa mythologie ont reçu de l'érudition germanique, aussi profonde qu'ingénieuse et hardie, une lumière qui ne cesse pas de s'étendre et qui
1. Fondée en 18Zi6 par M. de Salvandy. Elle est, depuis 1850, sous le patronage de l'Académie des inscriptions et belles-lettres.