‹ Phidias: sa vie et ses ouvragesChapitre 62 sur 289 · PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE II

du ParthénoD peut s'évaluer en centimètres, ce qui sans doute ne la rend pas moins inimitable.

Une autre découverte de l'érudition moderne est celle du coloriage extérieur des anciens édifices grecs. Plus d'une personne instruite ignore encore aujourd'hui que non-seulement les membres principaux, mais jusqu'aux moindres détails de l'architecture antique, étaient souvent distingués entre eux par des couleurs à la fois éclatantes et douces, opposées sans contraste violent malgré la vivacité des tons, grâce au voile lumineux que le climat jetait sur 'elles. Ainsi, dans le Parthénon, soumis comme beaucoup d'autres temples à ce système d'ornementation, les triglyphes étaient peints en bleu, les reliefs des métopes et les figures en ronde bosse des frontons se détachaient sur un fond rouge*. Des canaux alternativement bleus et rouges étaient disposés au-dessus de la frise de la cella, et un méandre d'or et de diverses couleurs-courait au-dessous de cette même frise. Les chapiteaux doriques étaient également coloriés. Poui* ce qui regarde les colonnes mêmes, le problème n'est pas résolu encore, et, tandis que les partisans d'une polychromie générale les revêtent d'une couleur jaune

1. J'ai déjà parlé de la restauration du Parthénon par M. Paccard, conservée dans les archives de l'Institut. Le temple de Minerve y revêt les couleurs qu'il avait dans l'antiquité, telles que l'auteur a cru pouvoir les restituer d'après les traces qu'elles ont laissées ou d'après ses propres conjectures. On trouve un essai de restitution coloriée partielle dans le beau livre de M. Hittorf , De l'architecture polychrome chez les ancienSj pi. viii. M. Penrose s'est aussi occupé de la polychromie du Parthénon , ouvrage cité, p. 55 et suiv., pi. xxiii. Gomp. Beulé, Acrop. d'Ath,,t. II, p. blx et suiv.

dont oiB a môme cru retrouver les traces, d'autres veulent qu'elles n'aient reçu que de la main du temps leur belle teinte dorée *. De même pour les murs. Il est certain que le beau marbre pentélique, dont on sait que le Parthénon tout entier était construit, ne axéritait pas le badigeon ; et quant au contraste qui aurait existé entre la crudité du marbre non revêtu de couleur et la vigueur des parties coloriées, il a pu être moios grand qu'on ne le suppose, tant à cause de la puissance du climat que par la propriété qu'a le marbre peatéUque de se recouvrir de teintes naturelles bien préférables à toutes celles dont l'art aurait pu le revêtir. Le même débat entre une polychromie absolue et une polychromie modérée se reproduit au sujet des statues et des bas-reliefs. L'éducation de notre goût moderne l'empêche d'accepter, dans des figures de marbre, des visages peints, des pieds et des mains imitant la chair. Toutefois^, on ne saurait guère douter que les Greos n'aient eu l'usage de peindre les statues, et le passage de Platon, 2 ou il est fait allusion à cet usage nous apprend que ce: système de coloriage ne se bornait pas aux a,ccQSsoire3, mais qu'il comprenait le visage, puisqu'il y est question de la couleur à donner aux yeux. Quant aux vêtements, du moins, la couleur dut y être employée sur les statues et les bas-reliefs du Parthénon. M. de Ghoiseul-Gouflier. assurait en avoir remarqué des traces sur le fragment de frise rapporté par lui d'Athènes et

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