PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE II. J
qu'il a , l'un des premiers , tant par derf dessins que par des explications, tenté de restituer le Jupiter Olympien^ et la Minerve Parthénos. Cette restitution a servi de base à celle que M. Beulé a essayée de la Minerve dans son Acropole d'Athènes. M. Beulé a corrigé heureusement quelques fautes échappées à Quatremère, fautes qu'il faut imputer au goût de son temps et à la fausse idée que les critiques du commencement du siècle se faisaient de l'antiquité grecque, d'après une connaissance incomplète de ses monuments. Mais la plus importante des restitutions de la Minerve Parthénos est celle que l'on doit au zèle de M. le duc de Luynes et au talent de M. Simart qu'il s'était choisi pour collaborateur dans cette œuvre d'érudition et d'art 2. La Minerve de MM. de Luynes et
exemplaire du Catalogus artificum, l'archéologue français se plaint de rinjuste oubli de Sillig qui, à Farticle Phidias, a négligé de faire mention de l'ouvrage de Quatremère parmi ceux qu'on doit consulter sur le Jupiter Olympien.
i. Parmi les essais de restitution du Jupiter, antérieurs à Touvrage de Quatremère de Quincy, il convient de mentionner l'ouvrage de Volkel ( Ueher den grossen Tempel und die Statue des Jupiter zu Olympia, Leipz. 1794), et celui de Siebenkees [Ueher den Tempel und dieBildsàule des Jupiter zu Olympia, Nuremb. 1796). Bôttiger s'est occupé de la Minerve dans ses leçons d'archéologie. ( Andeutungen zu S4 Vorlesmigen ûber die Archœologie , Dresde, 1806.)
2. M. Simart, qu'une mort prématurée a enlevé à l'art, s'efforçait d'être dans la sculpture de notre temps ce que M. Ingres est dans la peinture, le représentant de la tradition. Sa manière sobre et sévère n'était pas faite pour le recommander aux amateurs de la sculpture pittoresque. La noblesse du style est ce qui distingue particulièrement ses ouvrages. Cependant il cherchait aussi la vérité et savait l'apprécier dans les œuvres de l'antiquité, comme le démontrent quelques pages lues par lui à une séance publique des
Simart a figuré k l'exposition universelle des beaux-arts en 1855 , où elle n'a pas obtenu tout le succès qu'on pouvait attendre. D'un côté, l'éducation de notre goût moderne et l'absence d'études suffisantes avaient sans doute mal préparé le public à l'admiration pour une tentative de ce genre. De l'autre, la façon même dont M. de Luynes avait compris sa restitution et l'exécution de • M. Simart donnaient lieu à des critiques plus ou moins motivées de la part des érudits et des artistes. Malgré les inconvénients inhérents à une entreprise de cette nature, et malgré les défauts qu'on peut, à bon droit sans doute, reprocher à la Minerve de M. le duc de Luynes, cette restitution reste une tentative curieuse et des plus intéressantes. Elle fait honneur à l'artiste qui n'a pas craint de perdre de longues années dans un travail ingrat, épineux, où l'inspiration devait être tenue toujours en bride par l'érudition, et au grand seigneur érudit qui a consacré une somme considérable à cet essai de résurrection archéologique ^.
D'après les textes anciens, la Pallas Parthénos était représentée debout avec la tunique talaire, c'est-à-dire descendant jusqu'aux pieds 2. Sur sa poitrine était lacé-
cinq académies, le 25 octobre 1854 ( de l'Étude de l'antique, Paris, Didot, 1854).
1.' La restitution de la Minerve Parthénos n'a pas coûté, dit-on, moins de dix années de travail à M. Simart et moins de 500,000 fr. à M. le duc de Luynes.
2. Tb ^é â'^aXp.a twç Aftyjva; opOov soriv ev x«twvi ito^Tipei (Pausan., I,
2/ij. Pline dit aussi que la Minerve était debout : « Fecit (Phidias) et ex ebore »que Minervam Athenis, quae est in Parthenone tistans (XXXIV, 19).