‹ Phidias: sa vie et ses ouvragesChapitre 72 sur 289 · PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE II

plus anciennes traditions de la sculpture. M. Beulé avait proposé la peau de chèvre, qu'il voulait former d'un or rouge, afin de rappeler le vermillon dont, au rapport d'Hérodote, les femmes de Libye peignaient leur sauvage armure*. L'ivoire doré dont s'est servi M. Simart est d'un ton suave qui charme. Solide et souple, l'égide merveilleuse protège sans l'écraser le chaste sein qui l'a revêtue. Au milieu de cette cuirasse est le gorgonium, joyau funèbre. M. Simart, d'après Tavis de M. de Luynes, a donné à la tête de Méduse une forme monstrueuse, imitée d'antiques médailles où la Lune est représentée sous des. traits difformes et grimaçants, avec une longue dent qui lui sort de chaque coin de la bouche 2, Quatremère avait également fait de sa Gorgone un monstre, fidèle en cela aux traditions les plus anciennes de l'art, dont M. Beulé a cru devoir s'écarter. Suivant ce dernier archéologue, la monstruosité de Méduse serait une invention du temps de la décadence. Voici comment M. Beulé comprend la Gorgone représentée par Phidias sur la poitrine de Minerve : « Les serpents ont quitté sa « chevelure pour orner les bords de l'égide; c'est une « admirable jeune fille ; telle du moins l'art grec la con- « çoit, telle on la voit sur les médailles et les camées, « avec ses yeux mourants, ses lèvres immobiles, sa che- « velure dont les boucles voltigent librement et rayonce nent autour de sa tête comme la chevelure d'Apollon ^. »

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