Acrop, d'Ath., t. II, p
4iO PHIDIAS.
Telle est, en effet, dirons-nous, la Méduse du temps de Praxitèle, soixante-dix ou quatre-vingts aos après Phidias. Telle on la voit sur la gemme de Sosoclès que M. Beulé paraît avoir eu en vue dans sa description poétique ^. Mais telle n'était pas sans doute la Médàse de Phidias et moins encore celle des artistes qui Pavaient précédé. Praxitèle fut le premier qui, dans ses têtes de Gorgone, chercha à dérober profondément sous la volupté et la grâce l'angoisse de la mort 2, en quoi il fut imité par ceux qui lui succédèrent. Très-ai>ciennement on représentait la Gorgone comme un Génie de la mort, à la fois terrible et hideux, et l'épouvante qu'elle inspirait a été consacrée dans un grand nombre de fables ^.
Phidias devait respecter d'autant plus la tradition dans les accessoires du genre dont il s'agit qu'il la corrigeait plus hardiment, sans s'en écarter néannaoins tout à fait, dans le type même de Minerve ; il avait à ménager le préjugé sacerdotal et populaire, qui ne céda pas sans doute sur tous les points en même temps. D'ailleurs, le grotesque terrible et son opposition avec la beauté sévère et pure sont des éléments d'art qui n'ont nullement été inconnus des Grecs. L'Épouvante a été poétisée chez