‹ Phidias: sa vie et ses ouvragesChapitre 80 sur 289 · PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE II. H · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE II. H

impossible de ne pas reconnaître, avec M. de Luynes, l'habile numismate, un souvenir de la déesse du Parthénon dans l'image qu'elles présentent. La restauration de M. de Luynes diffère de celle de Quatremère dans l'ensemble des dispositions, en ce que M. de Luynes a placé la Victoire dans la main droite de la déesse, au lieu de la placer dans la main gauche, ce qui, outre la raison tirée des médailles, semble infiniment plus logique. C'est dans la droite, en effet, qu'est la puissance de l'action et du combat*. La main gauche, appuyée sur le bouclier qu'elle retient légèrement en toucliant un des bords, tandis qu'il est dressé à terre à côté d'elle, tient en même temps la lance avec la négligence pacifique d'une guerrière au repos. Cette attitude unit la grâce à la force. Le serpent de bronze est au pied de la lance où le place Pausanias. Je regrette qu'on ne lui ait pas formé les yeux d'une pierre brillante. Dans la tête d'un serpent colossal de marbre trouvé parmi les ruines de TAcropole d'Athènes, il existe des trous qui ont dû servir autrefois à enchâsser des pierres. La Victoire, ce morceau particulièrement admirable ^ de l'œuvre de Phidias, au dire de Pline, a été exécutée par M. Simart en or et en ivoire comme l'avait exécutée Phidias, ainsi que l'a ad-

bien aussi avoir dû être une reproduction plus ou moins libre de la déesse du Parthénon.

1. Le Jupiter d'Olympie portait la Victoire dans la main droite : Êv p.èv ^71 TTj ^eÇîa cpÉpei NixTiv (Pausanias). La Victoire ne se trouve pas dans la statuette de M. Lenormant, inachevée comme je Tai dit, mais cette main est étendue comme pour la recevoir,, et peut être devait-on Ty placer en métal.

2. « Victoria praecipue mirabili. » (Pline, HisL nat.^ XXXVI, 4).

mis Quatremère. Elle est à demi-nue comme dans la restauration de Quatremère; mais elle n'est pas tournée vers le spectateur à la façon d'un acteur en scène * comme dans le dessin de ce dernier, elle est tournée vers la déesse et semble prête à voler vers elle. Ainsi nous l'offrent les médailles dont s'est inspiré l'artiste ; ainsi la voulait aussi M. Beulé, à l'exception de la nudité de la partie supérieure, qu'il blâme dans l'image de Quatremère et qui se retrouve dans la Minerve nouvelle. Les ailes de la Victoire sont d'or (NtxYi XpuGoirTepoç) 2.

La Minerve nouvelle a le bouclier d'or. M. Simart a montré un véritable sentiment de l'antique dans les bas-reliefs qui devaient représenter, sur la face concave de l'arme, la gigantomachie, et sur la face convexe la guerre des Athéniens avec les Amazones, sujet national, souvent reproduit par les artistes d'Athènes. C'est sur ce dernier côté du bouclier que Phidias s'était représenté lui-même sous la figure d'un vieillard chauve, lançant une pierre des deux mains ^, et qu'il avait également placé le portrait de Périclès dans l'attitude d'un guerrier combattant une Amazone. « La main « qui pousse la lance et qui passe devant le visage, « dit Plutarque en parlant de cette figure, semble mise « là exprès pour masquer la ressemblance qui éclate

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