PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE III
Olympie, oii était situé le temple de Jupiter, avait sa place auprès de TAlphée, entre le mont Kronius et l'embouchure du Cladeus. « Le caractère de ce site, dit « M. Beulé dans ses études sur le Péloponèse, est tout « difierent du caractère général du Péloponèse. Ce ne <( sont plus de hautes montagnes, des rochers abrupts « et brûlés du soleil , des mouvements violents de ter- « rain, des ravins sauvages. De tous côtés la nature a (( une richesse et une douceur qui portent l'âme au calme, « aux riantes pensées , et qui semblent appeler les fêtes « et les joies pacifiques. Comme si l'on avait craint que la « présence des hommes et le tumulte des villes ne trou- « blassent ce lieu enchanteur , les dieux seuls et leurs « minisires l'habitaient. La vallée n'était qu'un sanc- « tuaire rempli de temples, de statues et de monuments : « retraite silencieuse et recueillie de la religion et des « arts ^. » Les ruines du principal de ces temples, celui de Jupiter, ignorées longtemps, comme je l'ai dit, ont été découvertes par les Fcançais de l'expédition scientifique de Morée , et l'on y a trouvé' des marques de remplacement de la statue. Ces marques sont le pavé de marbre noir dont, au rapport de Pausanias^, le sol était recouvert autour du piédestal , et que les fouilles dirigées par M. Blouet ont mis à nu dans l'état de bouleversement où l'ont laissé, soit les ravages des éléments, soit la barbarie des hommes.
Le temple d'Olympie, tant d'après Pausanias que d'après la restitution qu'en ont faite dans leur savant