‹ Philemon et Baucis opera comique en trois actes de Jules Barbier & Michel Carre (volume 2)Chapitre 21 sur 100 · REPRISE DE L’ENSEMBLE · texte numérisé non relu

REPRISE DE L’ENSEMBLE

O baiser de feu !

Brûlante caresse !

Votre douce ivresse Fait de l’homme un dieu !

BAUCIS

O baiser de feu,

Ta brûlante ivresse Fait une déesse En fanant un dieu !

Chère Baucis! — C’est la vie qui se rouvre à nous avec tous ses plaisirs et toutes ses espérances!

BAUCIS

Grands dieux ! dans quelle contrée nouvelle avons-nous été transportés? *— Quelles mains ont transformé notre pauvre cabane en palais? — Que sont devenus les malheureux que la colère de Jupiter a frappés pendant notre sommeil? — Hélas! en songeant à leur sort, j’ai presque honte du mien, , et c’est à peine si j’ose encore te dire que je t’aimel

Ah ! redis-le ce mot divin qui fut tout notre bonheyr, et qui

iG PHI LÉ MON ET B A UC I S.

sera toute notre récompense! — Que de souvenirs effacés il réveille en moi ! Que de sensations autrefois éprouvées et pourtant nouvelles! — Ne te semble-t-il pas que ce mot a repris depuis hier un charme qu’il n'avait plus; qu’il est^plus doux à. prononcer, plus doux à entendre; et qu’aulour de nous, ainsi qu’à la voix d’un Dieu, la nature entière se tait pour l’écouter?

B A U C I S , souriant.

Philémon me trouve donc belle?

PHI LKMON.

Plus belle que tu ne l'as jamais été, et je te le jure par ce baiser!

B A U C I S , repoussant philémon.

Non; je te, dispense du serment.

P TTILEMON.

Tu me repousses?

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