REPRISE DE L’ENSEMBLE
O baiser de feu !
Brûlante caresse !
Votre douce ivresse Fait de l’homme un dieu !
BAUCIS
O baiser de feu,
Ta brûlante ivresse Fait une déesse En fanant un dieu !
Chère Baucis! — C’est la vie qui se rouvre à nous avec tous ses plaisirs et toutes ses espérances!
BAUCIS
Grands dieux ! dans quelle contrée nouvelle avons-nous été transportés? *— Quelles mains ont transformé notre pauvre cabane en palais? — Que sont devenus les malheureux que la colère de Jupiter a frappés pendant notre sommeil? — Hélas! en songeant à leur sort, j’ai presque honte du mien, , et c’est à peine si j’ose encore te dire que je t’aimel
Ah ! redis-le ce mot divin qui fut tout notre bonheyr, et qui
iG PHI LÉ MON ET B A UC I S.
sera toute notre récompense! — Que de souvenirs effacés il réveille en moi ! Que de sensations autrefois éprouvées et pourtant nouvelles! — Ne te semble-t-il pas que ce mot a repris depuis hier un charme qu’il n'avait plus; qu’il est^plus doux à. prononcer, plus doux à entendre; et qu’aulour de nous, ainsi qu’à la voix d’un Dieu, la nature entière se tait pour l’écouter?
B A U C I S , souriant.
Philémon me trouve donc belle?
PHI LKMON.
Plus belle que tu ne l'as jamais été, et je te le jure par ce baiser!
B A U C I S , repoussant philémon.
Non; je te, dispense du serment.
P TTILEMON.
Tu me repousses?