PHILÉMON, JUPITER, VULCAIN
JUPITER
Étrangers sur ces bords et surpris par l’orage, De l’hospitalité nous invoquons les lois.
Soyez-les bienvenus et reprenez courage,
Vous qui vovèz cos lieux pour la première fois.
JUPITER
Le jour va disparaître;
Voici la sombre nuit.
Daigne, sans nous connaître, »
Nous reeevoir tous deux en ton humble réduit.
J.'hôte qu’uti dieu m'envoie Est sûr d’un bon accueil ;
Salut, honneur et joie ,
i A qui touche mon seuil !
JUPITER, à Pbilémon.
Le dieu qui nous envoie M'a guidé vers ton seuil; Salut, honneur et joie A qui nous fait accueil !
VULCAIN
L’hôte que l’on rudoie Par un méchant accueil Où rayonnait la joie Jette l’ombre et le deuil!
Voyez, la flamme luit, le bois éclate et fume. Écartez ces manteaux par la pluie alourdis,
Et réchauffez au feu vos membres engourdis.
VU LC A IN, à Jupiter.
J’ai mal fait de quitter ma forge et mon enclume ! Peste soit de Borée et d’Éole... et de vous!
N’insultez pas les dieux! — Redoutez leur courroux!
JUPITER, riant.
Pardonne ce blasphème A sa mauvaise humeur;
Jupiter lui même En rit de bon cœur !
PHILÉMON, à Vulcain.
Veille à ta langue.
(a Jupiter.)
Toi, demeure à cette' place, Tranquillement assis.
Le feu charme la vue et sa.ehalcur délasse.
— Je vais chercher Baucis.
ENSEMBLE
J U Pt TE R.
Le dieu qui nous envoie M’a guidé vers ton seuil; Salut, honneur et joie A qui nous fait accueil !
L’hôte qu’un dieu m'envoie Est sûr d'un bon accueil !
Salut, honneur et joie A qui touche mon seuil !
VULCAIN
Ce bon feu qui flamboie, Ce généreux accueil,
Ont rendu quelque joie A mon esprit en deuil !
(l’iiilomon sort.)