P II IL ÉM ON
Ah! que les.dieux perfides,
Jaloux de mon bonheur,
A mes tempes arides N’ont-ils laissé les rides Et la paix à mon cœur !
ENSEMBLE
C’en est fait de l’amour fidèle ! .
C’en est fait de sa foi !
Je ne croyais qu’en elle.
Et le cœur de Baucis se retire de moi !
BÀUCIS.
N’ est-il plus permis d’être belle Sans parjurer sa foi ?
Et suis-je criminelle
Si le plus grand des dieux a soupiré pour moi ? VULCAIN, k part.
Cœur de déesse ou de mortelle Est parjure à sa foi ;
Dans leur amour fîdèlo '
Les hommes ne sont pas mieux partagés que moi!
VU LC A l?ï , s'approchant do Pbilémon.
Allons ! plus de colère ;
Prenez exemple sur les dieux ;
On dit que dans les cieux Une telle aventure est assez ordinaire/
Et que m’importe à moi que Vénus soit légère!
Je ne me règle pas sur ce qu’on fait là-haut!
Fort bien! je ne souffle plus mot.
(il t'approche de Baucis.) Apaisez-vous ma chère ;
Ainsi que sur la terre,
Les dieux ont parfois le défaut D’être jaloux plus qu’il ne faut.
BAUCIS
Qu'ils soient jaloux ! c’est leur affaire!
Il ne m’importe à moi que Vulcain soit un sot.
VULCAIN
Fort bien je ne souffle plus mot.
(a part.)
De ma bonté j’ai reçu le salaire. ,
• ENSEMBLE
PHILEMON et BAITCIS.
Que les habitants des cieux.
Soient ou non ce que nous sommes, Prendre exemple sur les dieux Ne sied point aux hommes !
VULCAIN
Vers le ciel tournez les yeux rît voyez ce que nous sommes; Prendre exemple sur les dieux Fait honneur aux hommes!
PIIILÉMON.
Les dieux!... je les brave et les défie à mon tour!... (u renverse lea dieux lares, saisit la statuette de Jupiter et la jette aux pieds de Vulcain.)
Qu’ils vengent leur outrage !
BAUCIS
Pbilémon !