‹ Philemon et Baucis opera comique en trois actes de Jules Barbier & Michel CarreChapitre 2 sur 38 · P III L É M O N · texte numérisé non relu

P III L É M O N

Hélas I — j’ai peur que Jupiter ne se lasse de leurs blasphèmes ! — Et Mercure n’est pas d’humeur à pardonner l’offense qu’on lui a faite.

BAUCIS

Quelle offense?

Le divin messager descendit chez nous, il y a quelque temps, sous les habits d’un simple mortel. — 11 venait $ dit-on, s’assurer par lui-même de l’impiété des gens de ce pays, afin d’en rendre bon compte là-haut au souverain des dieux. — Au bruit de leurs clameurs sacrilèges, devant l’autel profané, il laissa éclater sa juste colère; — et, chassé, assailli de toutes parts par cette foule en démence, on le vit disparaître dans une nuée en proférant d’épouvantables menaces !

B AU CI S

Grands dieux ! c’est fait de nous!

L’esprit d’impiété eut bientôt effacé ce souvpnir de toutes les mémoires; et, l’âme délivrée de toute crainte, les insensés ne sacrifièrent plus qu’au plaisir!... — ( Bruit «i« e t , u

dehor..) Écoute, c’est le chœur des Bacchantes qui passe près de

notre seuil, (iu remontent tous deux et dcoutent.)

CHOEUR, au dehors. •

Filles d’Athor, folles Bacchantes,

» Au bruit des crotales d’airain,

Suivons le chœur des Corybantes,

Dansons en nous donnant la main !

Les loups et les panthères,

Cachés att fond des bois,

Quittent à notre voix Leurs antres solitaires !...

Bravons le ciel en feu !

Le plaisir seul est dieu !

C’est l’heure des mystères !

Evohé ! ■

Que leur fête impie s’achève sans nous et que Jupiter ait pitié d’eux! — Quant à nous, chère femme, nous voici près des dieux lares qui nous protègent. — Chassons toute crainte importune et réjouissons-nous de nous retrouver encore à cette place pour nous tendre la main, pour nous sourire, et nous aimer comme autrefois!

BAUCIS

Cher Philémon, voici la nuit; — c’est l’heure du souper. — Permets à ta fidèle servante d’apprêter la table et le jrepas. — Toi, cependant, dispose la lampe et fais briller un peu de feu dans l’âtre pour égayer notre doux tête-à-tête. — Je te laisse un moment, ( E nè

tort.)

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