CHAPITRE HUITIÈME
Heil, Gasc, Noro, Bozier, artistes peintres ou dessinateurs; Larapidie, de Narbonne, et Louis Niquet, sculpteurs, Gaston Buffîer, dit Nostag, publiciste et cultivateur; Jules Couprie, professeur d'écriture: et il me regardait avec sévérité, lorsque je manquerais de Cœurderoy, moniteur de boxe, de Pierre Gromieux, qui donnait des leçons d'escrime et de danse, ou de Francis Lacour, écuyer, ex-régisseur de l'hippodrome de Paris, qui, à pied, caracolait encore!
Est-ce que je parlais sérieusement? Quoi? ce Lacour était allé faire de la haute école en Russie, où l'avaient précédé Bayeux-Dumesnil, Victor Jaclard, beau-frère de Sophie Kovalevsky et professeur dans un gymnase déjeunes filles; enfin, deux normaliens, Paul Martine et Ernest Lavigne.
Ce fut Martine,1 délégué à la mairie du 17e, qui présenta Rossel à la Commune; quant à Lavigne, collaborateur de Rochefort à la Marseillaise, il avait été secrétaire de Rossel pendant vingt-quatre heures. A Pétersbourg, les deux camarades fondèrent un petit quotidien : La Neva, qui dura quatre mois. Ils y prirent pour correcteur un autre réfugié, Paul Dussac, jeune avocat créole qui avait fait le coup de feu pendant les deux sièges; lorsque le journal disparut, Dussac et Martine professèrent eux aussi dans différents gymnases et ne furent pas inquiétés.
Colomès disait tout cela pour me faire plaisir, du bout des dents. Au fond, je voyais bien qu'il fourrait ces non-valeurs dans le même sac, pêle-mêle avec les voyageurs de commerce, les étudiants en médecine, les journalistes, les artistes lyriques, les photographes, et le fort contingent des comptables eux-mêmes, autres gratte-papier : Frédéric Cournet, Teulière, Josselin, Kinceler, les frères Gaston, d'Agincourt fils, Louis Marchand, Auguste Caille, Durozoi, Élie Darboy, neveu de l'Archevêque...
Il oubliait que certains, comme Lalanne et Gouhier, faute d'emploi â Genève, avaient servi les maçons, pour continuer de faire vivre comme pendant le siège, une femme et des