CHAPITRE CINQUIÈME
dont toute l'inspiration révolutionnaire tient dans sa ballade à Louise Michel et dans ce vers qu'on lui attribue :
Jean- Paul Marai, l'ami du peuple, élail 1res doux...
— Alors, qui est-ce? Louise Michel?
— Non. Et Rochefort pas davantage. N'oublions pas, en effet, que Louise, piquée, elle aussi, de la tarentule, une fois au moins, sur la Virginie, voguant vers la presqu'île Ducos, communiqua son agitation poétique à Henri Rochefort. Les vers de celui-ci ont été recueillis dans la seconde Lanterne, imprimée à Genève en 1874. C'est une rémolade qui n'ajoute rien à la réputation du vieux vinaigrier. Pour moi, l'auteur des Incendiaires et du Grand Testament, Eugène Vermersch , les éclipse tous. Huysmans savait par cœur des strophes de lui, d'ailleurs charmantes..., Exemple :
Si de l'or flâne en mon gilet, Qu'on le porte chez Rachel, fille Qui reste seule, sans famille, Et loge près du Châtelet, Elle est jolie et mal famée, Elle a l'œil bleu, grand et moqueur Et c'est des reines de mon cœur Celle que j'ai le plus aimée !
Colomès fait la moue : « Si votre ami appréciait ça, c'est qu'il n'était pas difficile. Moi, j'aime mieux les chansons d'Eugène Pottier ' et de Jean-Baptiste Clément, qui étaient à Londres, comme Vermersch, sauf à n'y pas rester. Pottier, en effet, s'embarqua pour l'Amérique en 73, et Vermersch2 séjourna peu, soit à Altorf, auprès de son ami Vuillaume, soit à Genève. Nous n'avions à Genève que le rebut, ceux qui pianotaient dans les cafés, les brasseries et vendaient leurs compositions, les malheureux, pour croquer autre chose que des notes! C'étaient les commensaux, déjà nommés, de
1. Eugène Pottier, l'auteur de l'Internationale, est mort à Paris en 1887.