‹ Philemon Wright ou Colonisation et commerce de bois [microforme]Chapitre 5 sur 5 · X VI · texte numérisé non relu

X VI

Proprietés foncières de Wright.—Traits physiques et caractère de Wright.—$Sa mort en 1839.—Regrets.—Kloge du Bylown Gazelte —Les fils de Wright.—Paroles du voyageur Kingston.—Les petits

fils de Wright.

Malgré son âge avancé, Wright continua de s'occuper activement de sés exploitations agricole et forestière , qui étaient de plus en plus importantes.

Un relevé des propriétés foncières qu’il avait vers 1835, montre combien il avait su faire fructifier son capital et étendre le champ de ses affaires. Dans le town-

(1) Suivant le recensement de 1861—67, la population du comté s'élevait alors à 27,757 habitants, dont 14,307 étaient canadiens-français. Il y avait 69,062 acres en état de culture, mais des centaines de mille acres en terres non boisées, dont ie défrichement se poursuit fort activement.

ship d'Onslow, il avait 12,925 acres de terres ; dans celui de Hull, 9,8144 ; dans Templeton, 6355 ; dans Buckingham, 1557 ; dans Lochaher, 2,125. Son fils Tiberius possédait à Hull, 2,240 acres, son fils Ruggles avait 1,040 acres et tous deux étaient propriétaires conjoints de 919 acres dans le même canton. Ces chiffres donnent un total de 36,9784 acres de terrain.

Le soir de la vie de Wright s’écoula dans l’aisance et la prospérité. Ses œuvres les plus hardies et les plus dif-

ficilles lui avaient réussi, et avant d'aller dormir le grand repos, il put en voir avec satisfaction le couron-

nement.

Ïl était doué d’une constitution fort vigoureuse et que l’âge ne semblait guère affaiblir ; à soixante-dix ans il pouvait encore endurer les plus grandes fatigues; l’extrême chaud comme l’extrème froid ne semblaient avoir guère d'influence sur cette forte organisation. Il fit mal. heureusement une chute, le 24 mai 1834, à Québec, dont il ressentit toujours ensuite l'effet funeste. En se rendant au bateau-à-vapeur pour s’en revenir chez lui, il se fractura une cuisse, près de la porte St. Louis, en glissant sur le pavé.

Wright était d’une stature assez élevée, il mesurait six pieds, son front était profond et méditatif, ses épais sourcils ombrageaient deux yeux noirs, animés, observateurs et pleins de pénétration. L’âge en argentant la couronne de cheveux qui décorait sa tête lui donnait un air vénérable qui imposait le respect. Ses traits respiraient la bonté en même temps que l'énergie. Tous ses actes démontrent sa bienveillance pour ses tenanciers, mais ils accusent avec non moins de fidélité son indomptable force de caractère. :

Wright ne fesait rien à la légère. Comme tous les hommes supérieurs, il mürissait longuement ses projets. Muis une fois sa décision prise, il mettait à la réaliser toute l’ardeur dont il semblait si éloigné dans la conception de ses plans. Les obstacles ne servaient alors qu'à augmenter son énergie et il déployait toutes les ressources de son esprit et une volonté inflexible pour en triompher. Et il est certain que si les autres émigrants au Canada eussent montré autant d'esprit d'entreprise, la province serait beaucoup plus avancée qu’elle ne l’est.

Jusqu'à sa dernière heure, il porta un œil attentif à ses affaires, et il s’éteignit doucement et au milieu des sanglots de sa famille éplorée, le 2 juin 1839. Sa mort créa des regrets universels dans la petite colonie et un concours considérable de population l’accompagna à sa dernière demeure.

Le Bytown Gazette, dans un article reproduit par les journaux du temps, fit l'éloge du vénérable pionnier et rappela ses titres de reconnaissance au souvenir de ses concitoyens : «M. Wright, disait cette feuille, laisse une nombreuse famille à laquelle il était attaché par les liens de l'affection et de l'estime. Son épitaphe sera conservée dans le magnifique et prospère établissement de Hull qu’il avait fondé, et où il vécut assez pour lui voir atteimdre un haut dégré de développement. Son nom sera de longtemps rappelé avec le plus profond respect à Hull »

Wright eut quatre fils, Philemon, Tiberius, Ruggles et Christopher, qui ne sont plus, ainsi que deux filles. Tiberius et Ruggles se sont particulièrement fait remarquer et leurs noms se trouvent souven' mentionnés dans le cours de cette étrde.

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