‹ Philéonmon, vieux de la vieilleChapitre 96 sur 134 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

contient une quantité d'humanité telle, que partout où elle pénètre, elle produit le progrès.

— C'est assez juste, fait Colomès.

Je sens toutefois qu'il se retient d'applaudir, parce qu'il n'aime pas Hugo.

« Je fus sauvé par Gaffiot, raconte ensuite Fournerv. Il possédait une oseraie à Saint-Biaise, près de Xeuchâtel, et assez souvent il m'emmenait avec lui au marché de la Chauxde-Fonds, où, deux fois par semaine, il allait vendre sa vannerie. J'eus ainsi l'occasion d'apprendre que Dargère contribuait, comme entrepreneur, à l'embellissement de la Chauxde-Fonds, qui avait encore, à cette époque, l'aspect, sinon la population d'un village, car on y comptait déjà plus de vingt mille habitants. « Pourquoi ne serais-je pas peintre en bâtiment? » me dis-je. Aidé d'un manuel Roret, j'entrai en apprentissage. Un camarade fit le reste. Ce camarade était Pierre Jeallot, dit Le Tapin, parce qu'il avait été tambour aux zouaves. Agé de trente-neuf ans au moment de la Commune, il avait rempli, à la manutention du quai de Billy, les fonctions de directeur de la boulangerie'. C'était le véritable gamin de Paris, gai, courageux, serviable, et débrouillard comme pas un. Il ne haïssait que les agents de police, qui lui avaient cassé un bras..., mais l'autre travaillait pour deux. Jeallot me conduisit chez Dargère... et c'est ainsi que les murs de la gare, du Temple indépendant, de l'Hôtel des Postes et de l'église nationale restaurée, furent léchés parle pinceau du citoyen ici présent!

« Les deux années que j'ai passées à la(^haux-de-Fonds sont les meilleures de l'exil, et je comprends que Pindy ne soit pas rentré en France, même après l'amnistie. Nous formions là un noyau d'excellents compagnons, avec Léonard Laurent, entrepreneur de ciment, liougeot, Parisien aussi, secrétaire de Latappy à la marine et fabricant de rouge pour polir l'or et l'argent; liaudrand, tapissier, Cteurderov, voyageur

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