‹ Philibert de Chalon, prince d'Orange, vice-roi de NaplesChapitre 100 sur 239 · ÎOÎ PHILIBERT DE CHALON · texte numérisé non relu

ÎOÎ PHILIBERT DE CHALON

Déjà Lautrec, au nom de son souverain, avait pris possession de plusieurs villes dont ils s'étaient emparés, ce qui les avait fort mécontentés. François Ier lui renouvela ses instructions dans ce sens, mais Lautrec, qui se rendait compte de i'énormité de cette maladresse, lui déclarait nettement qu'il ne les avait pas exécutées et qu'à son avis il n'y avait pas lieu de le faire (1).

Une autre des lettres interceptées n'était pas moins édifiante. Elle était adressée à Lautrec par des ambassadeurs que François Ie' avait envoyés au pape. Ils étaient chargés de lui proposer de rentrer dans la ligue. En cas d'adhésion, ils lui promettaient de loi faire recouvrer Ravenne et Cervia que les Vénitiens occupaient, sauf à s'unir pour leur reprendre ces villes par la force, s'ils ne les restituaient pas de leur plein gré. Clément VII avait répondu que, « sans se declairer, il feroit austant pour ledit roy que s'il estoit déclaré >. Philibert, qui avait entre les mains les lettres originales, s'empressa d'en donner connaissance à l'empereur; de plus, il corn* muniqua la dernière au cardinal Pisani, (ils du provéditeur, qui était au camp de Lautrec. Plus que surpris, le cardinal écrivit aussitôt à son père de lui envoyer un homme sûr à qui il ferait une confidence l'intéressant. Le prince alla plus loin; il lui permit défaire tenir les lettres au provéditeur. * De ce que en succédera, Dieu le scet », ajoutait- il (2).

Afin de le récompenser de son succès naval, Lautrec avait fait don à Philippin Doria des villes de Castellamare et de Vico, d'une valeur estimée à 120,000 ducats. Comme les châteaux de ces deux villes étaient restés fidèles à Charles-Quint, Doria en avait demandé, mais en vain, à Lautrec la cession conditionnelle, en s'engageant à les attaquer si les Français étaient obligés de lever le siège de Naples (3i. Ce refus eut probablement les plus grandes conséquences, car il dut motiver une résolution que Doria laissa entrevoir lors des négociations qui eurent lieu entre lui et Antoine de llixar, délégué à cet effet par le prince d'Orange, pour la libération des prisonniers faits le 28 avril : celle d'entrer au service de

(1) Même lettre de Philibert.

(£) Ibirt.

(3) Lettre de Ferez à l'empereur, du 3 juin, d&os Gayangos, p. 700.

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