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l'empereur (Il Ce n'était plus un secret pour Philibert et encore - pour Philippin qu'André Doria, son oncle, était très trrile contre François I". Nombreux anciens et surtout légitimes étaient fiels. C'était lui, on s^i souvient, qui avait fait prisonnier le prince dans les eaux de Ville-franche, près de Nice. Il n'avait jamais reçu du roi la moindre satisfaction pour sa rançon <â>; il n était pas davantage payé de la solde de ses galères qu'il lui était désormais impossible d'entretenir. Génois, il avait été profondément froissé dans son patriotisme. François I*r avait non seulement refusé à sa ville natale la permission quelle sollicitait, offrant pour cela 200.000 ducats, de s'administrer elle* W il n'avait pas voulu reconnaître ses antique* privilèges; il continuait à lui imposer un gouverneur de son et une garnison française. Bien plus, il cherchait à ruiner Gênes au profil de Savone, en y gréant on port destiné a devenir le principal entrepôt du set et du commerce dans la Méditerranée. A la suile de ee déni de justice, les Génois protestèrent auprès de Doria, qui prit fait et cause pour eux. Il coiumem;a par retenir du G et les autres prisonniers de marque qui, selon le d/sir de Lautrec, devaient être dirigée sur la France, prêt, il ne le dissimulait pas, à passer à l'ennemi avec toute sa Cotte, s'il n'était pas donné suite I Btf réclamations, Déjà, il avait fait de- avances aux Impériaux, Philibert, qui ne lui gardait peul-étre pas rancune de sa capture ut passer avant tout de l'empereur, écrivait a
"hnrles<minl : • Sire, depuis vos galleres perdues, jTay entendu )ar le conte Philipïno Doria, en pratiquant pour rançon de pluprisonnier», comme Andréa Doria est fort mal content du France et qu'il sercheroit de s'accommoder avec îom la raison de son malcontentement est que le roy ne luy a voulu bailler Savonne pour mectre en l'obéissance de Gennes. Je croy fermement que si roua l"a>surez de ce point et de la liberté dudit tiennes et payez la souldee de ses galères juelque promesse
dr lui faire quelque bien en ce royaulme, que vous le pourrez avoir
(I) Lattre de Pure* a l'empereur* du 3 juin, dans G a van g os, p. 700.
$) II para ir le conserver à sou servies, lrau.ois I" lui aurait fait
îffnr pluâ UrdiO Juki dm ntspour tenir lieu de la rançon de Philibert (Gruauu- I*, l XIX.
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pour vous. Vous sçavez, Sire, quel homme il est et la nécessité ou vous estes. Je vous supplie, Sire, ne vouloir refuser riens qu'il vous demande, car jamais chose ne vous vint tant a propos que cest accord, s'il vient a bien, car, avec les galleres que vous faictes et les siennes, vous serez seigneur de la mer, et aurez ung des hommes de ce monde qui s'entend aussi bien en ce mestier. Vaultry s'en va a Gennes vers luy pour enfoncer le tout, soubz umbre de y aller pour accourder sa rainson, et s'il accorde avec luy, il pourra passer jusques vers vous, pour savoir vostre volunté, laquelle je vous supplie de rechief qu'elle soit telle que j'ay dit dessus (1). »
Lautrec, averti du nouveau danger qui le menaçait, lui et la France, tenta d'y parer. Il dépêcha aussitôt Guillaume du Bellay auprès du roi afin de l'en prévenir; du Bellay avait mission de s'arrêter à Gênes et de supplier Doria de faire taire ses rancunes et de ne pas abandonner la cause du prince qu'il avait jusque-là servi avec autant de gloire que de fidélité. L'amiral se laissa fléchir et autorisa du Bellay à assurer François I" de sa foi, de celle des Génois et de sa flotte, et à lui dire qu'il lui fournirait douze galères dont < la charge et la garde seroit réservée au bon plaisir de Sa Majesté ». Mais il exigeait que le roi s'acquittât envers lui et rendît à Gênes ses libertés et le trafic de la gabelle du sel. Circonvenu par ses courtisans, notamment par Anne, duc de Montmorency, à qui il avait accordé la gabelle de Savone, et par le chancelier du Prat, il ne voulut pas céder devant ce qu'ils appelaient l'insolence de Doria. Son remplacement par Antoine de la Rochefoucaud, seigneur de Barbezieux, et la prise de corps de Doria furent décidés séance tenante. Il n'y avait plus qu'une faute à commettre; elle fut commise, énorme.
Le bruit courait à Naples que Lautrec, découragé, songeait à lever le siège de la ville et à se retirer à Barletta ou dans le pays environnant pour n'avoir pas à subir le choc des renforts allemands qui venaient au secours des Impériaux. Il avait, disait-on, dans
(lj Lettre de Philibert à l'empereur, du 14 juin; Pièces justificatives, n* 103; Archives du royaume à Bruxelles, Documents historiques, t. IV, fol. 135, copit; Lanz, Correspondenz des Kaisert Karl V, t. I, p. 270-275, n° 408.