‹ Philibert de Chalon, prince d'Orange, vice-roi de NaplesChapitre 102 sur 239 · IOS · texte numérisé non relu

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son armée 10,000 hommes malades de la peste (1). Après un premîer échange de prisonniers sollicité par lui, il avait encore perdu une soixantaine de gens d'armes tombés au pouvoir d'un détachement de cavalerie légère (2).

Sans être aussi mauvaise, la situation des Impériaux était cependant loin d'être brillante. Le 14 juin, Philibert écrivait à l'empereur que, au point de vue militaire, il avait toujours été heureux dans ses rencontres avec l'ennemi (3), < et avons rompu desja trois compagnies d'hommes d'armes » ; il se montrait plein d'espoir pour Tavenir. Seulement le* vivres commençaient a manquer; il en restait pour deux semaines à peine; la viande et le vin faisaient défaut; l'armée é*aït au pain el à Teau depuis dix jours. Il y avait longtemps que les troupes n'étaient plus payées, et il désespérait de se procurer de l'argent II eu était de même pour le bh? que le comte de Burrello était allé chercher en Sicile. A la vérité, Charles- Quint, par sa lettre du 20 mai, l'informai^ en même temps qu'il lui annonçait otticiellement par le courrier Aguire sa nomination comme vice*roi. d'un envoi d'approvisionnements expédiés d'Espagne; il lui promettait aussi de l'argent , mais sans fixer de terme. Pour calmer les plus impatients et reconnaître les serviteurs les plus méritants, il autorisait Philibert à disposer en leur faveur des biens des rebelles ; en ce qui concerne les troupes, il avait imaginé de demander au prince s'il verrait des inconvénients * a leur four* air des vivres a bon compte en courant de leurs gaiges *♦ Fuis il s'était ravisé, pensant bien que cette combinaison ne leur agréerait pas. Quant aux secours en hommes, il avait donné au roi do Hongrie et à Antoine de Ley va Tordre de faire hâter la marche des renforts allemands qui se dirigeaient vers Naples. * Avant toutes autres choses *s disait-il, * je entendoye préférer la garde et con-

(il Lettre de Sauohez a l'empereur, du il juin, daûs Gatangos, p. 743.

(i Lettre du même au même, du S juin, ibid.+ \\ 703,

(*) ItiusTcwe, t I. p. 2*3-2*4, éd. Lalanne, parle de Philibert avec les plu* grands éloges de a a conduite, Uni à If Aptes qu'ailleurs : - Assiégeant» il faisait toujours ordinairement faction, non seulement de gênerai . mais aussi de simple capitaine et soldat A ces te grand'escarmouche qui se lit devant Napiea a la Magdeîeine, de laquelle M, de Mouline parle, il y tit tout ce qu'un brave gênent! et soldat peut faire ores a pied, ores achevai» comme je l'ay veu dire a 3apies eut:or de mon temps II y eut un moulin que j'ay veu» mais M. de M^nlluc n'en parle pas. qui, par deux fois en ce jour, fut pris et repria des xiostres et des leurs. *

servacion de mon royaume de Naples comme estant de mon patrimoyne(i). »

Il était à craindre qu'approvisionnements et renforts — je ne parle pas de l'argent — n'arrivassent pas à temps. Au commencement du mois, ces derniers étaient dans le Bolonnais; après une marche forcée, ils passeraient le Tronto, le 24, et ils étaient attendus à Naples pour la Saint-Jean (2). De son côté, Antoine de Leyva avait assez de succès dans le duché de Milan; il s'était emparé de Viagrassa et de plusieurs autres places fortes; prochainement il attaquerait Lodi et Crémone ('.'!). Mais une flotte vénitienne, composée de 10 galères (4), était venue le il, jour de la Fête-Dieu, se joindre à celle de Philippin Doria, qui avait fait armer deux de celles de la flotte de Moncade et en espérait encore 5 ou 6 de Gênes (5), indépendamment de celles qui amèneraient par merles 6,000 Français et les 3.000 lansquenets demandés par Lautrec. Aussi Philibert ajoute-t-il avec mélancolie : « Par quoy ne sçay que penser comme pourra venir vostre secours par mer, s'il ne vient merveilleusement gros. > Il était d'avis que le débarquement devrait se faire en Sicile et que les troupes de renfort prissent le chemin de la Calabre et de la Pouille.

Heureusement le moral des troupes était bon. Les Allemands avaient bien eu la velléité de se mutiner. Peu satisfaits de leur colonel Bemelberg, ils avaient l'intention de lui enlever son commandement et de le remplacer par Georges de Frundsberg, qui accompagnait le duc de Brunswick, chef de l'armée de secours envoyée par le roi de Hongrie Hh. De plus, ils réclamaient leur solde. Mais avec quoi les payer? Jean d'Urbina, aussi désintéressé (7) que brave et dévoué à la cause de l'empereur, avait déjà

(1) Pièces justificatives. n° 101 : Archives impériales à Vienne. P A 95, minute et copie.

2) Lettre de Perez à l'empereur, du 12 juin, dans Gayangos, p 705.

C.\) Lettre du môme au môme, du 8 juin, dans Gayangos, p. 703.

(i) liix-hiiit, d'après Perez, lettre du 12 juin, dans Gayaxgos, p. 70S.

.'» Lettre de Philibert à l'empereur, du 14 juin; Pièces justificatif, ■*!£; Archives du rovaume à Bruxelles. documents historiques, t. IV, fol. iM, «ffe» Lan/, Corresponde» z dr$ Kaiser* Karl V, t. I, p. 270-275, n* lit.

fi) Lettre d<: IVrez à l'empereur, du 3 juin, dans Qàja

1 v H.coinrn<nds Juan de Urbin.i and the both <»f wliom are rondering great service tho te < altending to bis military duties. is actuV*

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