CHAPITRE XI
ek et ses Allemands, qu'il avait intéressés à sa cause, se trouient seulement aux environs de Brescia et de Bergame (1). core Brunswick était-il lui-même aux prises avec les plus seuses difficultés. Faute d'être payés, nombre de ses hommes sertaient et s'en retournaient chez eux (2). D'un autre côté, les provisions s'épuisaient. Il ne restait plus de i9 plus de viande, l'ennemi ayant eu soin de refouler le bétail me certaine distance de Naples. Gaëte, qui avait pour gouverur le commandeur La Rosa, avait bien d'abondantes réserves ; lis en raison du siège que lui faisait subir le prince de Melfi (3) du blocus de Naples, il ne fallait pas songer à s'y ravitailler; i pain, pour un mois à peine, et de l'eau, voilà avec quoi Philibert Tait désormais entretenir ses troupes. Jusque-là, grâce à des antages partiels, à des promesses plus ou moins tenues, à l'espoir in secours prochain, elles avaient courageusement supporté les as rudes privations. Allait-il en être encore de même? Toutes s graves questions durent être examinées par les membres du nseil collatéral, qui décidèrent, le i" juillet, d'envoyer à l'emreur le capitaine Rodrigue d'Avalos afin de le mettre au courant la situation (4). Le prince, malade, la lui fit exposer dans une tre (5) où il lui renouvelait ses demandes d'argent, de vivres d'hommes; il le priait d'expédier d'Espagne, avec de l'infanie et des subsides, des galères qui feraient leur jonction avec la tte de Sicile. Le seul espoir de salut reposait sur le succès des jociations .avec Philippin et André Doria; elles suivaient leur
l) Lettre de Philibert à l'empereur, du 15 juillet; Pièces justificatives, n° 115; ihives impériales à Vienne, P A 95, original avec chiffre et déchiffrement. I) Lettre de Lope de Soria à l'empereur, du 6 juillet, dans Gayangos,
ot.
I) Rosso, p. 43, et lettre de La Rosa à l'empereur, du 3 juillet, dans Gayan- .p.7*7.
I) Gatanoos, p. 726.
S) Ce fut sans doute cette lettre qui fut interceptée et dont un double fut noyé par François Ier à Jean du Bellay, évéque de Bayonne et son ambassairen Angleterre, pour qu'elle fût communiquée à Henri VIII et au cardinal Itay. D'après les détails qu'elle contonait et l'assurance que, par sa lettre 10 juin précédent, Lautrec lui donnait que Naples ne pourrait plus tenir gtemps et qu'il se porterait bientôt au secours do la Lombardie, où le comte 8*iat-Pol était avec 8,000 lansquenets, autant d'aventuriers, etc., il se fait déjà la maître de la situation et il espérait avoir avant peu raison des >ériaux (Bbewei, p. 1993).
cours, et il était permis de bien augurer du résultat (\), II devait aussi arriver que la disciplinai déjà fortement ébranlée, éprouverait de cet iHvit dn choses de rudes atteintes. Dans dr?* lettres h Charles-Ouînt, Perez lui annonce que les Allemand* fnnt ilesperquisitions dans les maisons particulières et dans les mona pour y trouver du pain 64 de* vivres (2i: AJurcmi 9 , Lopfl è
i ï il Korooe ■> lin priaient les excès des troupe- B naces de désertion, outrages aux femmes, meurtres et raptaei Commis par les espagnols et les lansquenets, rixes entre la force aimée et la population, &Xtèl qui pouvaient occasionner des révoltes et auxquels seule la fermeté il Un <;lu, Jérôme Pellegrino, put imposer un terme (1).
LttltTOC, qui eberebait à réduire 1rs Impériaux par la famine et y était presque parvenu, voulut ê ce supplice ajouter celui de li soit Mal conseilla' et ignorant sans doute que, dans certains quartiers, comme le < Potftû foiancu > ou le i Se.trgioCapuano i, Naple* était suffisamment approvisionnée d'eau de puits, il fit couper l'aqueduc du côtu de Poggio fteale. Par eet aquedm il se proposait, avec la connivence d'Allemands dont il acquis le concours, île faire pénétrer des troupes dans la ville; mais ce projet fut éventé par un serviteur du marquis sarchio et révélé par Anniiial de Capoue a Philibert et à Feroand de Gonzague. A tin d'en empêcher la réalisation, ceux * i firent fair*, près de la porte de (Papoue, un mur épais, qui fut soigneusement gardé de crainte qu'il ne fut détruit par l'ennemi (B)«
(i) Lettre de Philibert a l'empereur, du I* juillet; Pièces justificative!, iv 111 Archives impérinle* h Vienne, P A 1 1 al ; lettres de flsrsi lu
iin'riH\tiij l*rut du D mil. I (LtOI GavAHOOS, p, Tf.ï et 739.
I) l*1' juillet, dans «ïayangds, p 7i5T cl J'i juillet, ibid.> p. 741. «juillet, dans SUtAiaos, p 1M,
(ê) 1 juillet, iOiU, p. 734
(5) 14 juillet, tbid tp 74Û.
(6) Dans une lettre, datée de Vîterbe, 1G juillet, Niealu Rainer Anne de Montmorency udo révolte des Impériaux :*,.,. Les lansquenet* e encore s en leur muLînement, depuis Ta voir eu mis a saeh ùîeti
qui estoit le lo^ts de Alarcon, la ou il estait mort cinq d'entreux. et ivùimi tué trente Espaignolz et trouvé quelle finîtes de vin qui avaient quarts d'heure et n'a voient voulu laisse entrer en leur cohorte U d'Orange, mais seullement prias tmg terme bien bref pour estt
. * (Papiers de Coudé, série It t. II, n* II», au Musée Coudé à Q un!. Ij
(7) Rosso, p. It.
(«) Hosbo, p 8944; Savtoko, p. »5; GumfOXB, i iv. i xx\rt p. M.
engagé précédemment (4), cette provision avait été affectée aux besoins des gens de guerre du duc de Brunswick qui devaient traverser les États de l'Eglise pour se rendre àNaples; si son attitude avait été nette, il est probable que Charles-Quint, par politique et par intérêt, eût, surtout dans les circonstances présentes, donné suite à cette requête, au moins en partie, car la quantité était énorme. Mais il ne s'agissait plus de cela. C'était une simple compensation, et à titre gratuit encore, que Clément VII réclamait pour les ravages exercés par l'armée impériale pendant l'occupation de Rome ; de plus, personne ne savait exactement s'il penchait du côté des Français ou s'il était pour l'empereur. Aussi Charles-Quint écrivit-il à Philibert de décider si les sentiments du pape justifiaient cette requête, et dans quelle mesure, car, disait-il, il ne se souciait pas de I' « ayder de ses biens a renvitailler ses ennemiz ». Bref, il le laissait libre de s'entendre à ce sujet avec le vice-roi de Sicile, à condition de faire passer avant tout les nécessités de l'armée (2).
Ces sentiments, le prince eut l'occasion de les faire connaître à l'empereur dans une lettre du 15 juillet. « Tant », lui disait-il en substance, « tant que le pape a cru que des renforts nous arrivaient, il a semblé prendre parti pour Votre Majesté; mais depuis que les Allemands du duc de Brunswick sont en Lombardie, il n'en est plus de même; il incline vers la cause française. Ce qui est certain, c'est qu'il se rangera du côté du plus fort. » En ce moment, toutes les apparences étaient encore favorables à Lautrec, et à Rome certains mandataires de Clément Vil agissaient à l'égard des Impériaux comme s'ils eussent déjà été définitivement vaincus : tel Quinones, général des Franciscains, qui avait fait arrêter et retenir, pendant vingt jours, un émissaire de Brunswick au prince d'Orange. C'est également à la suite de la capture de Sigismond de Ferrare par les gens de l'abbé de Farfa que Ton avait appris les embarras d'argent du duc et sa demande à Philibert d'un envoi de 400,000 ducats pour pouvoir se porter à son secours (3).
(1) Voir p. 198.
(2) Pièces justificatives, n° 112; Archives impériales à Vienne, P A 95, copie du dix-huitième siècle.
(3) Pièces justificatives, n" 115; Archives impériales à Vienne, P A 95, original a\ec chiffre et déchiffrement.
GHAlMTltl \J
Vers la fin de juin avait eu lieu l'incarcération de Maramaldo. un des meilleurs capitaines de Tannée impériale. I) était sinon , du moins soupçonné d'entretenir des rapports secrets avec Lautrec, Ci KHipfQO reposait uniquement sur une lettre trouvée mit un porteur qui tomba à Montalto dans une embuscade espagnole \\) Dans celte lettre, soi-disant du marquis de Montesan hio à Maramaldo, son parent, ce dernier était félicité de sa résolution d'abandonner la cause de l'empereur; la situation de son année étâ&t désespéré*, Il n'avait plus qtfà passer dans le camp français, où il recevrait les récompenses qui lui avaient été promises (2k La lettre fut communiquée à Philibert, qui lit aussitôt emprisonner le porteur et Maramaldo. Dans un premier mouvement de colère, le prince s'écria qu'ils aurai en l tous deux la tête tranchée la nuit suivante; mais son entourage lui ayant fait observer qu un homme de la valeur de Maramaldo et cligne de considération comme il l'était ne pouvait pns être exécuté sans jugement, sans même ttûtr été entendu» H revint a des idées plus modérées. 11 fut convenu ii lient devant le Conseil collatéral (3 Au jour llxé (i), Annibal de Capoue et Jean-Baptiste de la Tôlfa rMl chargée de la défense de Maramaldo. La lecture de la lettre Mon tesaixhio provoqua une véritable stupeur dji us rauditoire. nu fut d abord d'avis de mettre les inculpés à la torture; mais, sur la proposition d'un des membres du Conseil, le porteur fut interrogé à fond; la question lui serait ensuite appliquée s'il en était besoin* Ses réponses furent reconnues mensongères; il finît par avouer qu il trait ét'; payé par les ennemis de Maramaldo pour le perdre. Il fut écarte lé sur la place du Marché. Quant à Maramaldo, il reprit son commandement et il continua à. rendre au prince le» plus réel* services (5).
r p. 23. ce porteur était un paysan de J'Abroge; seloa Sakîurq, p ItT un rivaltor; selon La I'ise, p. 171, un gentilhomme de Béoé vent t*guist< en Frtmçtftt,
t^uM.p 117, 4ît qu'il devait livrer ans Français une des portes de Naples. iluii de ce conseil, telle qu'elle est donnée par Roaso, n'eat absolument exacte; Moneade, qu'il y fait figurer, était mort; duQuastel mô Coloun* nVtaient pas à Naples.
Le *5 uiiii. «pion EtotSO, mail plu? vraisemblablement te ïli juillet,
MMouu. p 117418: Lk Pisb, p 171: ma italien 300 de nationale, fol. T. C'est surtout pendant lexpùditiuo contre Monnet.- que Maramaldo se rendit utile a l'uiliher' ^^^
Parmi les autres faits notables survenus pendant ce mois de juillet, il y a lieu de signaler les suivants. Le 45, les galères vénitiennes étant allées en Calabre pour faire provision de biscuit, les assiégés purent assez abondamment se ravitailler par mer (1). En môme temps, il leur fut expédié de Gaëte 25,000 ducats, ce qui permit de satisfaire les Allemands qui s'étaient de nouveau mutinés (2). La duchesse de Francavilla envoyait d'Ischia des vivres et de l'argent pour l'armée. Elle avait fourni la somme nécessaire pour la rançon de du Guast et d'Ascanio Golonna (3). Les prisonniers faits à la bataille navale de Salerne avaient recouvré leur liberté. La situation des Impériaux laissait encore beaucoup à désirer en Lombardie, mais elle commençait à n'apparaître plus aussi sombre à Naples. Ici ils n'avaient presque plus besoin de combattre. La peste, qui semblait les épargner, ne cessait d'accomplir son œuvre dévastatrice dans le camp français; elle y faisait journellement des centaines de victimes. Elle frappait à la tête : le comte de Vaudémont venait de mourir (4); Lautrec lui-même était dangereusement malade. C'est à peine si, au milieu de ces événements qui se précipitaient, la déroute infligée, le 29, par Belmare i une compagnie de cavalerie française mérite d'être mentionnée (5).
Aussi, à l'occasion de ce revirement subit et presque inespéré de la fortune, les Espagnols célébrèrent-ils plus joyeusement que de coutume, le 25 juillet, la fête de leur patron saint Jacques le Majeur (G).
(1) Hosso. p. 42.
•2) Lettre de Baron (al Seron?) à l'empereur, du 24 juillet, dans Gâtant. 1». 75*
(3) Lettre de la duchesse à l'empereur, du 18 juillet, dans Gayangos, p. 745.
(4) Sa mort est annoncée, le 28 juillet, par Lope de Soria à l'empereur, daus Gayangos, p. 755. — Les serviteurs du comte avaient demandé au prince d'Orange l'autorisation de l'aire inhumer leur maître dans un des monastères de Naples Elle leur avait été accordée. Mais, à la date du 24 août, son corps n'avait pus encore été porté dans la ville. On disait que le marquis de Saluées s'.v opposait. (Lettre de Perez à l'empereur, du 24 août, dans Gayangos, p. 773 )
(5; Hos>o, p. 44.
(6) Itriil., p. 43.