CHAPITRE XIV
tenant d'appeler ime ■ maladie diplomatique ». Philibert en proiu pour demander à l'ambassadeur à Rome de suspendre tous pourparlers avant le retour de Balançon.
Les instructions du prince à Grimaldi avaient pour principal
objet de i viwigner rigoureusement Charles-Ouint sur la situation
militaire à Naples. Elle pouvait être résumée en deux mots : comme
toujours, paâ ou presque pas d'argent, surtout depuis l'envoi fait
par lui à Antoine de Leyva de 30,000 écus et de 10,000 calmes de
présentant le double de celte somme ; nécessité de traiter
lei gêna d'armes et les chevau-lé^ers de l'arriéré de leur
solde, probabilités de mutineries plus sérieuses après la promesse
non tenue de les payer de mois en mois, dangers que courrait Far-
il différait de venir, comme artillerie, dix canons provenant
i ' \quila ou de ia Matrice, quatre couleuvrines et huit ou dix
(lemi-eûuleuvrines, dont il pourrait être distrait quatre canons et
[uelques pièces légères; de la poudre, il en serait fabriqué le plus
lossibte; la Sicile et la Pouille fourniraient le salpêtre; dix galères.
dus ou moins complètement armées, seraient envoyées u Doria,
nife de Mignano avait été obligé de lever le siège de Vico,
vu par raer par la garnison de Barletta, et de se retirer à huit
milles de là * en une villette(l) t. Cinq galères vénitiennes étalent
arrivées à Barletta et il en éta^f encore attendu davantage* Il fau-
rail un renfort de 'îàiLÛOO Espagnols pour la défense du royaume
ID cas de dépari de L'Armée (2), Q&aol & Monopoli, du fivafti venait
e le prévenir qu'il avait peu d^espoir de s'en rendre maître (3),
ffj Voir MiriuiiMN, l XIX, fol
ttrr du S 1 1 i ■ i i p Pièces jn-M'icatives. n Ifiô; LfeMvei îLUf»ériîiles de PA 9ti, original, {3) C'eil A propos du siège de Monopoli qu'éclata entre le prince et du ;ua*t U lm>uille ijui existait depuis longte m p* à lïtat latent Philibert s'était e tjiie k> marquis ne s'était pas encore e tu paré de cettu ville. Un kiest en fut informé; il vint à Naplrs pour se justifier. Là il prétendit que si oli n'avait pas eacore capitulé, c'était la faute du prince, qui or lui vaji pas fourni 1rs moyens de s'en rendre maître. Il f eut un* sééai violrnto, l Ja suite de laquelle lit marquis voulut faire Jean d'Urbina juge de leur différend Uelui-ri lui donna tort (voir ta Relation d'Anp- Spmno dans le volume tco Ferruc&o e ta giitrra iti Firensi del 1529S330, publié pai M Vivtt u^ui ■*. |i. :y.vt -.i .« ;■■ — Sur le siège d& Monopoîï par du Guast, voir SHOMIPUT, 1 MX. fui. 343 v*-3*9- Cf. aussi une lettre de Nicolas fiaincr à Anne do Montmorency, du ît avril, dans le ms. fr. 3009 delà Bibliothèque Dàtioœlc, fol. 33
— « et le pape va escoutant. » — Il y avait donc urgence à expédier de nouvelles troupes avant la récolte, car les ennemis « mouroient de faim »; il importait de ne pas les laisser se ravitailler. Et Philibert terminait par ces mots : « De l'argent, si vous ne la pourvoyez, tenez vostre armée pour mutinée. Je vous supplie, Sire, me vouloir pardonner se je fais trop l'audacieux de vous escripre mon advis, et pensez que quant il y aura faolte, qu'elle ne viendra de moy, car ce que sera possible endurer, pourveoir et souffrir en vostre service, je crois que sçavez bien que je le feray, mais j'ay paour que tous ne soient de ma volonté (4). •
A Naples la tranquillité était encore de temps en temps troublée. Le 6 mai, le capitaine Acuna avait dû se lancer à la poursuite d'une bande de rebelles qui s'étaient rassemblés et avaient causé des dommages considérables aux alentours. Dans une rencontre, 50 d'entre eux avaient été pris, puis pendus (2). Le remuant personnage qu'était l'abbé de Farfa suscitait des embarras au pape et aux impériaux. Il s'était, dans un but resté inconnu, installé au monastère de San Salvador, sur la frontière de Naples. Mai l'en avait fait expulser, et maintenant il était à Branciano, d'où il menaçait de passer dans le camp du comte de Saint-Fol ou d'aller en France (3). De plus, d'après les lettres reçues de Venise, le bruit s'était répandu à Rome que les lansquenets de Naples avaient résolu de rentrer chez eux et demandé, par l'intermédiaire du duc d'Urbin, un sauf-conduit pour traverser le territoire de la république. L'ambassadeur en avait aussitôt informé le prince, mais, jusque-là, rien n'était venu le confirmer (4). Qu'est-ce qui avait pu le provoquer? Étaitce la nouvelle que le duc, mécontent de servir comme sous-ordre de Jean de Campofregoso, avait proposé aux Vénitiens de prendre le commandement de leurs troupes? Ktaient-ce les négociations entamées secrètement avec lui par André et Philippin Doria pour le détacher de la ligue et lui faire embrasser le parti de l'empereur? Ce qui est certain, c'est que ces négociations étaient en bonne voie. Ses engagements avec les Vénitiens expirant au mois
(1) Pièces justificatives, n° 106.
(2) Mémorandum d<> Mai, du 11 mai, dans Gayangos, p. 14.
(3) Jbid.
(i)Ibid.