CHAPITRE XIV *T
de juin, il y avait lieu d'essayer de le rallier. Actuellement il il retiré à Pesaro il). Philibert était chargé d'y veiller et, au besoin, autorisé à traiter avec lui aux conditions les plus avantageuses pour la cause de Charles-Quint, 11 était bien entendu qu'en aucune fanm le duc ne saurait prétendre au titre de capitaine général (1), fuis plus d'ailleurs que le marqua de Mantoue. qui avait fait offrir ses services i l'empereur par son ambassadeur et s'était même engagé a s'entremettre pour la conclusion de la paix av<< les Vénitiens, les Florentins et le duc de Ferrare (3). Mai et André del BftrgO se défiaient tellement de cet ambassadeur qu'ils avaient songé à TarrtHer en attendant les ordres de Philibert (4). Us n*en firent rien cependant, et. selon les instructions de Charles-(,ïuin!. il s'était rendu k Milan, où il avait mission de négocier avec Antoine irvva et avec le protonolairc Marin Caracciolo, grand chancelier du duché. Il y était encore le 13, date a laquelle La réponse de son maître ne lui était pas parvenue. Si elle était affirmative, le marquis de Manlnue pourrait, pensait-il, être en peu de temps en ? «!*' mettre en ligne ii.000 fantassins, H00 gens d'armes et chevau-Iégers, mais, d'après Leyva, ces forces étaient* pour le moment, en réalité, des deux tiers pour l'infanterie et delà moi* >u environ pour le reste* Il su! lirai! peut-être de âù\000 duc.it> jiour se l'attacher; malheureusement, lui, Leyva, ne disposait pas lu h i cari i no (5
A Theure actuelle, les troupes de la ligue qui opéraient en Lomb&rdie se montaient à près de 14,000 hommes, dont 1,800 Aile* utands, Suisses ou (irisons, un petit nombre de Français, les autres Italiens. Elles étaient ainsi réparties : les Vénitiens et le duc François Sforza, avec 7,000 fantassins, 500 chevau4égers et 400 gens d'armes, à 18 milles de Pouzzoles: le comte de Saint l'nl environ ri, 000 fantassins, quelques chevau~nsgers et gens (Firme*, a 20 milles de Vigevano, On disait qu'il était sur le point
(I i Mémorandum d*1 Mai. du 11 mai, dans Gayamïos, p. 17,
étire ùe l'empereur à Philibert, du 14 mai, Pièce* juGlifU'ftUvcs, n* 168; Archivas LtDpénmlii a Vienne, l'A Urt, minute.
rtlrfl du mémo au loérne, î\ avril, Pièces ju§ti!Lcalive8t n* 102; Archives mies * Vienne, P A 96, minute*
Lettre de Mai à l'empereur, du H mai* tkos »f ,.. 17.
! «lire d'Antoine d.* Leyva a l'emperrur, du 13 oiai, dans liAVAXtios, «a
de se joindre aux Vénitiens pour attaquer Leyva. Celui-ci avait à leur opposer, disséminés dans le Milanais, 3,000 Allemands, tous bien armés; 3,000 Espagnols, d'une solidité à toute épreuve, bien que quelques-uns ne fissent qu'arriver d'Espagne, et 2.000 Italiens, l'élite de la région, qui avaient toujours fait un excellent service. Il avait 440 gens d'armes et de la cavalerie. Il avait dernièrement conseillé à André Doria d'augmenter de 4,000 hommes les forces de Gênes et d'en engager 3,000 pour la défense du Milanais. Saint-Pol avait abandonné Alexandrie, Asti et laissé dégarnies les rives du Pô. Avec 7,000 hommes, il serait facile d'envahir le territoire d'Alexandrie, si Saint-Pol ne se pressait de retourner au secours de cette ville. Quant à lui, il tomberait sur les Vénitiens et sur Sforza. A la demande de Doria, qui avait approuvé ce plan, il avait détaché un des meilleurs capitaines de l'armée, le comte Louis Belgiojoso, pour hâter le recrutement et l'armement des nouvelles troupes. Dans l'état présent des choses, l'empereur devait renoncer à débarquer à Naples, mais venir sans retard en Lombardie, car, en raison de l'infériorité numérique des forces qu'il avait sous la main, Leyva ne pouvait prendre l'offensive : il n'avaitplus d'approvisionnements que jusqu'au mois de juin, et il était probable que, faute d'être payés, les Allemands ne tiendraient pas au delà de cette date (4).
Au royaume de Naples, la situation ne s'était pas améliorée. Les rebelles, qui (Haient restés tranquilles tant qu'ils avaient pu croire prochaine l'arrivée de Charles-Quint, continuaient de relever la tête. Quand ils étaient dispersés par les troupes, ils se réfugiaient dans les bois (2). Mais parfois ils réapparaissaient nombreux. Aux cris de : I tafia e liberla, ils commettaient des déprédations partout où ils passaient. Lors d'une rencontre, où il y eut des deux côtés de nombreux morts et blessés, il fut fait jusqu'à 300 prisonniers que le prince envoya sur les galères (3). Mais c ils sont tant, écrivait-il, que l'on ne peut aller d'une ville à l'autre ». Les ennemis
(1) Lettre de Leyva à l'empereur, du 13 mai, dans Gayangos, p. 26 et 27. — Sur la situation militaire en Lombardie, cf. Giichardin, 1. XIX, fol. 348 v*-350.
(2) Lettre de Philibert à Marguerite d'Autriche, du 4 juin, Pièces justificatives, n° 172; Bibliothèque nationale, collection Dupuy, n* 688, fol. 10, minute autographe; Archives impériales à Vienne, VA. 22, copie.
(3) Lettre de Mai à l'empereur, du mois de mai, dans Gayangos, p. 48.