PHILIBERT OE CHALON
preste dens troys ou quatre jours pour incontinant que les gastadors du pape seront arryvé pour i'assoyr, mes seulement afin que entendes le mauvays ordre que j'ay a fere riens qui vole et quy vous playse donner le remède, car sil, avec toutes les choses nesaysayres, aurions bien afere de fere une tielle emprisse, tant plus sera dit dificylle an nous fayllent tous les élément...
« Sire, j'ay veu unne lettre que Musestele m'escrip, par laquelle il dit quy me viendra dix mille escus pour le payement des Ytaliens quy sont venus et doyvent venyr du royaume. Sire, il seront tous ensemble plus de cinq mille hommes. Vous pouvés penser comme yl est possible que je les seusse contenter de sy peu d'argent. Je suys asseuré que la pluspart s'en yront dens Florence, et déjà s'en ylcst aler beaucoup des deux bandes quy sont venues, et le demouramt quy ett demeuré me sont venus dire quy n'est possible quy seusent plus entretenir leurs gens. Je vous suplie, sire, vous resouldre ou a les payer, le pape ou vous, ou a leur donner congé et m'avertyr de quel des deux entendes quy se fase ; pareyllement des chevaulx ligiers, car yl veullent congé ou payement ou vivre a discrecyon, et n'y a plus de remède de les savoyr plus entretenyr, et s'y s'en vont, les chevaulx des ennemys nous viendront tous les jours crever les yeulx (i). > Le 23, Clément VII faisait envoyer 10,000 écus aux Allemands pour les faire patienter jusqu'à la fin de mars (2).
Non seulement Philibert n'était pas secondé par ceux qui l'avaient lancé dans une pareille aventure, mais il était entravé dans sa tâche, déjà si difficile, par des gens dont l'intérêt personnel eûtété de lui donner tout leur concours. Tel était un commissaire du pape qu'il ne nomme pas dans sa lettre du 24 avril à l'empereur, et qui ne devait être que Baccio Valori, le commissaire général, Florentin transfuge, que le jurisconsulte Sylvestre Aldobrandini avait plutôt stigmatisé que célébré dans le sonnet commençant par ce vers à double sens :
Venne liaccio Valor dal Padre Sunto (3),
car il est probable qu'un subalterne ne se fût pas permis d'agir
fil Piéers justificatives, n° 294: Archives impériales à Vienne, P A 97, autographe.
(2) Lettre de l'empereur à Philibert, Pièces justificatives, n# 295; Archives impériales à Vienne. PA 97, minute.
(3) Varchi, 1. X, col. 316.