‹ Philibert de Chalon, prince d'Orange, vice-roi de NaplesChapitre 167 sur 239 · CHAPITRE XVTl · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVTl

ainsi que k prince le Un reprochait, Que ce commissaire — Valori ou un autre — n'ait pas fait tous les approvisionnements nécessaires pour L'armée, on le comprend dans une certaine mesure; il ne le pouvait pas toujours, faute d'argent Hais il paraît qu'il ne le voulait pas; bien plus, il commandait aux paysans de massacrer ceux des soldats de Philibert que la faim poussait à la maraude. Il n'avait été que trop obéi, car il avaient « tué et blessé forse g\ de bien ». Les « villains » eux-mêmes l'avouèrent lorsque le prince fit marcher contre eux des détachements d'infanterie pour les chAtier. La répression fut énergique. Plus de cent d'entre eux furent exécutés. Pour empêcher le retour de pareils faits, Philibert priait l'empereur d'intervenir auprès de Clément VII afin qu'il intimât l'ordre aux villes conquises et à son commissaire de up pas les exciter a la révolte, * car les soudars ne le soufrîront pas. » 11 recon unissait qu'ils s'étaient fait délivrer du grain, du vin et de la paille, et rien de plus; il en était de même partout, d.ms V ■ armée la niieulx payée du monde », ce qui n'était pas le I de la sienne, et il terminait en disant ; * Quy nous paye, et yl n'yron-l que pour paille, • Il demandait en outre que les lettres du pape & suri commissaire passassent par ses mains, pour que celuici ne put nier les avoir reçues (l).

Ces détails paraîtront fastidieux au lecteur. Ils ont leur impore qu'ils montrent à nu la déplorable organisation des

illeures armées d 'alors j ils établissent les véritables responsabilités, ils permettent de rectifier les jugements d'historiens qui n'ont vu que le* effets sans rechercher les causes; enlin ils font

il lei innombrables difficultés au milieu desquelles le prince eut à se débattre et surtout la somme d+obéissancet de dévouement et d'abnégation qu'il lui fallut pour faire son devoir. Dans ses admirables lettres, d'une franchise et dune honnêteté qui n'ont d égal que son zèle pour l<- service de l'empereur, d'une simplicité antique qui laisse presque ignorer ses plus beaux faits d'armes, annoncés en quelques mots concis, comme la chose la plus ordinaire, il ne se plaint que d'être abandonné a ses seules ressources ;

-tin du 84 ttvri», Pfècai justificatives, n* 296: Archives in »e. l'A 97, autogrtphe<

il ne sollicite que pour essayer d'améliorer le sort de ses troupes et de faire récompenser ses capitaines les plus méritants. C'est à peine s'il se souvient de temps à autre qu'il a de graves intérêts en jeu de l'autre côté des Alpes, et ce n'est que pour réclamer justice : tel est le cas pour la restitution par François Ier de ses seigneuries de Succino et de TufTou ou le paiement de la dette du roi qu'il cherche à obtenir par l'intermédiaire de l'empereur (i) et de l'amiral Chabot (2). Cette dette, on se le rappelle peut-être, consistait, d'une part» en 50,000 francs en cas de non-restitution de ces seigneuries; d'autre part, en 48,900 francs pour lesquels le roi s'était autrefois engagé, tant en son nom qu'en celui de la reine Anne (3). Il trouva un moyen ingénieux de s'en acquitter; il prit sous sa royale protection son « bien amé cousin » Philibert, ses terres et seigneuries situées en Dauphiné, en Bretagne et dans le royaume de France, « ses famille, chappelains, serviteurs, domesticques, procureurs, soliciteurs, gerans son fait, fermiers et officiers, chaste aulx, forteresses, vieilles maisons, coulombiers. pastures, parcs, clostures, boys tailleux, ancien et de haute fustaille, rentes, revenuz, bancs, scabeaulx, acoudouers, tombes, enfeuz, chapelles, presentacions, sainctures, lizieres, avec toutes autres ,qui] proviennent d'église... (4). » C'était déjà quelque chose, mais il est douteux que cette solution ait été du goût de Philibert.

Dans ce même temps, Philiberte de Luxembourg se préoccupait d'un mariage pour le prince. Elle avait jeté les yeux sur une des filles de Claude de Lorraine, duc de Guise, et d'Antoinette de Bourbon, vraisemblablement Marie, née le 22 novembre 1515 et la seule en âge d'être fiancée (5). La lettre dans laquelle elle fait part à son fils de ce projet est perdue, mais nous savons qu'elle lui recommandait de la relire à deux fois. Elle le laissa très froid : t le pis. disait-il, est quy faultvenyra l'eiTayt, lequel est plus dangereux que

(1) Lettre du 2 février, Pièces justificatives, n° 285; Archives impériale? à Vienne, PA97. minute.

(2) Lettre du même jour à l'amiral Chabot, Pièces justificatives, n° i$6; Archives du château d'Arlay : Sanuret. p. 97-98.

(3 Voir plus haut. p. 290.

(4) Lettres patentes du 21 février 1530, Archives du Doubs, E 1330. (.S) Elle épousa, le 4 août 1534. Louis d'Orléans, duc de Longueville. puis, le 9 août 1;>38, Jacques V, roi d'Kcosse; elle fut la mère de Marie Stuart.

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