‹ Philibert de Chalon, prince d'Orange, vice-roi de NaplesChapitre 170 sur 239 · CHAPITRE XVI II · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI II

guetira, les prélats de l'Italie, de l'Allemagne, de l'Espagne, une aftluence énorme de populations avides de contempler un spectacle que l'Italie ne devait plus revoir. 11 n'est pas besoin de dire que Cf.'s fêtes Furent d'une splendeur incomparable que les chroniqueurs temps ont essaye de décrire. Dans sun Jour uni d& voyages de Ciûrk+Qwid, Vandenesse nous en a laissé une relation fidèle et aussi complète que possible fl). Je me contente d'y renvoyer le lecteur. Le 22, il y en avait eu comme une sorte de répétition* L'empereur avait reçu la couronne de fer des rois lombards apportée spécialement de Monza, et. îe surlendemain, la couronne impériale. Dan* celte circonstance» f insigne faveur de tenir le dia- ■J'-iiie avait été réservée au duc deSavoie, qui, resté neutre pendant i guerre*, s'était rallié à la cause du plus fort. Il en avait ëlé récompensé par la concession du comté d'Asti.

11 manqua quelqu'un à ce triomphe de Charles-Quint : celui qui, au pri* de tant de fatigues, lui avait reconquis le royaume iê \ a pies et. par ses victoire*, lui avait as suri' la suprématie sur la plus grande partie de l'Italie. Il avait été à la peine; il eût du être 1 l'honneur. Il n'en fut rien. Pourquoi ! Je l'ignore. Il semble difficile d'admettre qu'il y ait eu oubli de la part de l'empereur; il est plus naturel de supposer que, tandis que son armée souffrait toutes les privations, le prince s'abstint volontairement etquiî eût considéré comme déplacée sa présence au milieu de toutes ces réjoui&aances où le h<raut Bourgogne jetait au peuple à pleines mains l'or et l'argent, OÙ des fontaines le vin coulait à Bâta* *>u bceufs rôtia et farcis de volailles étaient distribués et des plats friande lancés des fenêtre* à la foule (S). Peut-être aussi bou- :i -U le pape; peut-être avait-il voulu éviter de lui dire en face les dur»- vérités diuil sa lettre du 20 février était l'expression (3). Car la situation qui Lui était faite devenait intolérable. Pas d argent, munitions, pasde pionniers ; avec cela. Tordre de presser quand même le siège, de prendre Florence de vive force ou par la famine et, ce qui était un comble, celui de licencier au besoin les - qu'il ne pourrait pas payer ou qii** Vwffât du fuit in m-

Ut p. Journal *tf* v&yagei d> CharUx-Quinit t. Il, \vt plus haut, p 3bT-35S.

retiendrait pas (1). Ses munitions se réduisaient à quarante-cinq coups par canon; il en avait pour un jour. Il suppliait l'empereur d'en demander au duc de Ferrare, au duc (TUrbin ou à André Doria; de son côté, ii en réclamerait à Naples. Comme il n'avait « point ung sou pour nul estreordinayre », il avait emprunté la somme nécessaire à trois ou quatre de ses capitaines. Les Espagnols et les Italiens s'étaient mutinés; il n'avait pu les faire rentrer dans le devoir que par de nouvelles promesses (2).

Aussi les opérations militaires étaient peu importantes; elles se bornaient à des escarmouches, Philibert étant obligé de rester sur la défensive. Le 28 février, jour de carnaval, les Florentins firent des sorties par les portes San Gallo, de Prato et Saint -Georges; ils éprouvèrent des pertes sérieuses. Un de leurs meilleurs capitaines, Etienne de Figline, fut tué d'un coup d'arquebuse à la tête ; uo autre. Amico de Venafro, fut blessé au bras droit; il courut encore un plus grand danger par suite de l'explosion d'un baril de poudre auquel un projectile lancé de (iiramonte mit le feu. Le premier dimanche de carême, 6 mars, à Astrico, un détachement de cavalerie de Bichi eut quatre prisonniers; le 8, dans le courant de la journée, Florence subit un commencement de bombardement qui causa des dégâts insignifiants; le capitaine Mancini de Pesaro eut une jambe emportée et mourut des suites de sa blessure; un boulet défonça, place Saint-Jean, le mur de l'atelier d'un tailleur de pierres au-dessous de l'école de Jean del Rosso. Ces escarmouches déplaisaient aux Florentins, qui estimaient que Malatesta, en les laissant

(1) Lettre de Charles-Quint à Philibert, du 27 février, Pièces justificatives, ii" 298: Archives impériales à Vienne, PA 07. minute.

(2) Lettre à l'empereur, du 10 mars. Pièces justificatives. n° 302; Archive* impériales à Vienne. P A 97. autographe.— D'après un • Advertissement venu de Boulongne » et des extraits «le lettres des 2, 3 et 5 mars, datées de la mëmf villi-. Philibert, appelé par Charles-Quint, y serait arrivé le 28 février pour recevoir d«s instructions au sujet de la prise de Florence. Le prince aurait réclamé les 60.000 ducats que h- pape devait fournir mensuellement et « un mondo de guastatori ». Cette somme paraissait tellement énorme que le correspondant dont la lettre est analysée ne peut s'empêcher de s'écrier : « Bon? Deus! qna celeritate omnihus modis queritur pecunia. » Des lettres du 2 tt du S, il résulte que Philibert était encore à Bologne, attendant toujours les «O.ooo ducats Finalement Muscetula se les serait procurés en s'adresstnt à des marchands et à d'autres, et l'empereur aurait promis de payer sa part (Bibliothèque nationale, ms. fr. 3022, fol. 81).

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