CHAPITRE XVIII
gep, cherchait a amuser le peuple, sans autre résultat que de faire périr des hommes inutilement; ils eussent préféré de véritables batailles.
Le prince avait dans son camp quelques déserteurs, dont trois
nies, Cecco et Jacques-Antoine Orsini et Luc Giovanni (ou
u avaient passé à l'ennemi avec leurs compagnies.
Il en était assez embarrassé, parce qu'il avail I [*s payerai! même
titre taira troupes, et nous savons s il était eu état de le
I). Heureusement pour lui.au bout de quelques joursur .100, qui avaient sans doute reconnu qu'ils n'avaienl pas gagné au chance, rentrèrent dans la ville. Leurs capitaines, déclarés rebelles, furent pendus en effigie au jardin df San Miniatoavec des écriteaux portant ces mots : Fugitif, larron w traître. Trois cents florins furent promis a quiconque a mènerait vivant Tun d'eux ; 300 a qui parviendrait à le tuer (i), Parmi 1rs transfuges, se trouvait un certain Jean Bandini, qui avait eu des démêlés avec Louis Marlelli au sujet d'une femme dont ils étaient tous deux amoureux. m&U qui préférait Bandini. Son rival, irrité, le provoqua en champ dot sous prétexte que lu ici d'autres, qui étaient aussi au camp im; auraient dit. en présence du prince d'Orange» que L'armée florentine n'était qu'une armée de parade et non de combat; ï I le proclamait traître -i la patrie. Bandini répondit que s il était au curnp, ce n'était point afin de servir contre ses concitoyens, mais de voir des amis. Martelli ne se tint pas pour satisfait de cette explication ; il insista
Philibert, choisi pour juge du dilTérend, décida (fu'uci duel était inévitable, et, pour permettre aux deux champions de vider leur querelle, il les autorisa à venir avec leurs Becooda, Liante rie Castislione pour Martelli, et Herlin iaf Rubertinj Ald<»brandi pour Bandini. se battre au camp. Ils seraient accompagnés chacun de vm^-l de leurs amis et dTun parrain; tous pourraient sortir de Flo-
>-.\ j retourner librement avec leurs armes et leurs chevaux, [iialre adversaires ne se mesureraient pas deux contre deux,
E-itre & l'empereur, d< février, Pièce* .iusliu>aiivi-$> ttf 299; Arclm. t Vienne, I' A !j7, autographe. — Cette désertion avait eu bâti lu m. I XI. ..-OL380, iti, ieirf.
PHILIBERT DE CHALÛN
mais un contre un ; les lices seraient distinctes. Le 12 mars fat lu. pour la rencontre (1 L
Le II, Martelli M liante partirent de la place Saint-Michel se diriger vers le camp. Ils étaient précédé* de -piatre pâ| Cheval, vètlXI il** satin rouge et blanc. Derrière eux» deu\ ! pettes, l'un du prince, l'autre de Malatesta, qui allaient toujours sonnant; puis JeâD iln Vinci, parrain de liante; Maul Spitjelli. vieui soldat, parrain de Martelli. et Vitello Vitelli, qui devait servir de parrain à Tun ou à l'autre s'ils avaient voulu combattre à A Les champions venaient ensuite, ailiers, montée sur de superbes chevaux turcs; ils avaient un costume rouge, avec la manch telée d'étoffe d'argent; leur chapeau de soie, de mène couleur orné d'un panache blanc. Ils dtaient accompagnas chacun de six valets de pied, habillés rcmune les pages, et suivis de capitaines et d'hommes des troupe- régulières ou de tt milice qui lurent jusqu'à la parte S;unt-Pi<;ilîen. Ils y trouvèrent Jeu** pages, qui se composaient de vingt et un mulets* chargée de tout ce <|ui leur était nécessaire pour vivre; ils emportaient du ptJtl, du vin. de la viande, de Peau, de l'avoine, de la paille et jusque du bois, car ils étaient obligée de passer la nuit dehors, et ils conduisaient avec eux un prêtre, un médecin, un barbier, un ma fin.d'hôtel, un cuisinier ci un dépensier $guatUrc 1 1 ^ arrivèrent à Burom-elli, "ù tout le camp accourut pour les voir- Il venu que Ton n«* lireraît point de pari et d'autre avant la venue d-f Philibert) ce qui fut scrupuleusement observé.
Le lendemain. li, les nuubaltants se réunirent dans les <l^n\ enceintes* que le prince avait fait séparer par une simple corde d entourer d'Allemands, d'Espagnols et d'Italiens en nombre égal. Les adversaires étaient tête nue, en chemise, la manche reti
fl) Son* le litre de ; Cartrtli di tftitrtla ri di nfida ha Ltutovieo M da Caititjliom tfl Qiaranui RanAini, Rubtrtinô Àldobrartdi atttmpv d$il di FirtiiMé MDXXX ton ta patent* de l campa franco eonctuo ai eombatl prtncîftr dltranget, r la fedr drlV txito dct dm lin d*i tut m*d*$kmQ tâfikMml OOfltpO, M (larlû Milaneei a pu Mie dans VArehuio êlorxro Uatiano, u lèfle, I IV, I" partie, 1SÎJ7» p, 1-25» un certain nomlrrc de pièces se rapportant ■ ite alfaire. Varcài en parle autel longuement, I. Xlt col. 357-570; cl x tti Pirtnte, de frém Julien D«îhj hm.la. Cavmuw, tue ri'j Chronique anonyme de Florence, nis. 15 du fonds italien de la Bihbolli^iue nttLioualr, p, 675.