‹ Philibert de Chalon, prince d'Orange, vice-roi de NaplesChapitre 198 sur 239 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

Gavinana fut traitée en ville conquise, pillée, saccagée (1). Les Espagnols, les lansquenets et les gens d'armes retournèrent au camp de Florence; les Italiens et les chevau-légers partirent avec Maramaldo pour Pise afin de s'en emparer (2).

Les Florentins avaient pensé avec raison que l'absence du prince leur offrait une occasion exceptionnelle d'attaquer les troupes qu'iï avait laissées. Malatesta fut invité à tenter l'opération. Il essaya bien de leur persuader qu'il était faux que Philibert eût emmené beaucoup de monde et qu'il n'avait pas commis la maladresse de dégarnir son camp. Mais comme il lui était maintenant difficile de résister ouvertement à l'opinion publique, il feignit de s'exécuter. Les capitaines et la garnison reçurent l'ordre de se tenir prêts à marcher; des munitions leur furent distribuées et, pendant ce temps, les lignes ennemies furent reconnues. La sortie n'eut pas lieu. Bien plus, dans la soirée, les Pérugins et les Corses déclarèrent cesser leur service et vouloir se retirer avec leurs bagages. Dans la crainte de désordres de leur part, la milice fut obligée de passer la nuit sous les armes; quelques heures après, arrivait la nouvelle de la déroute de Ferrucci à Gavinana. Malatesta n'eut rien de plus pressé que d'envoyer dire au gonfalonier qu'il était désormais inutile de prolonger la défense et qu'il fallait sauver la ville en

(1) Cini, p. 38. — A la fin de sa relation (p. 39). Cini a reproduit ce sonnet de Pierre Ricciardi sur la bataille de Gavinana :

È questo il già famoso, antico colle Del superbo Gtbinio? e quello è il monte L" morio Catilina, è questo il fonte Che rese il suo terrcno crboso e molle?

Questa non è la porta, ove già il folle Duce cadèo? quello il tagliato ponte, Quella è la piazza ove fu rotlo il froate Del Tosco vincitor, che périr voile.

Qui d'Oranges il signor cadde, e morio ; Qui da Ceri il signor preso, e lo stanga Là fuggi, qui il buon Masi an do aflrontare:

Qui il Maramaldo più crudel che pio Scanno il Kerruccio ! Or chi ti puo guardare Infelice castello, che non pianga?

(2) Voir lettre du commissaire de Pise aux Dix, du H août, dans Franeeseo Ferruccio, p. 284, et lettre de Maramaldo aux Anciens de Lucques, datée de Pescia, du 5 août (ibid., p. 353).

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