CHAPITRE XX
pas cédé à ta panique, Us renouvellent J'attaque. Ils reprennent ravantnge et lui tuent, blessent ou mettent en fuite la plupart de ses troupes. Avec Ceri et quelques hommes, il se réfugie, près du château, dans une maisonnette qui a été religieusement conservée (I), Il s'y défend jusqu'au moment où Maramaldo reste mJtre du terrils. Il comprend que tout est perdu. Alors, exténué de fatigue et criblé de coups, la plupart mortels, il ee livre, ainsi îpfl Cw -- à un Espagnol qui le fit cacher dans l'espoir d'une bonne rançon. Mais Maramaldo le guettait comme une proie. Dès qu'il sut qu'il était prisonnier, il le fit conduire devant lui et Éésarmer sur la place de (Javinana, en lui disant : * Fensah-tu, quand, contre le droit des gens et contre les usages de la guerre, lu faisais si cruellement pendre mon tambour à VolUxra, que lu tomberais entre mes mains? i Fièrement Ferrucci lui répondit : t C'est un des hasards de la guerre; la même chose peut l'arriver, crois-tu que tu retireras avantage et honneur en me fatfeft&l mourir ' * Après lui avoir reproché presque comme un crime de s'être élevé de la situation de commerçant à celle île général, Maramaldo lui passa son épée à travers le corps et ordonna à des soldats de l'achever (3)* En tombant, le héros de Tindépendance florentine prononça ces simples mots : « Tu tues un homme mort et tu t'acharnes sur un cadavre (4). i Maramaldo, pour se justifier, prétendit plus tard n'avoir pas eu, en faisant périr Ferrucci, l'intention de venger une injure personnelle» mais lu mort du prince, et avoir voulu ainsi donner satisfaction aux Allemands. Il est certain que Philibert, avec son caractère chevaleresque, se fût montré plus généreux; il l'avait prouvé à Aversa
(1) H en a été donné une reproduction en photogravure dans te volume intiinii FmHH Fêmutfo, après la page itO, et en tête de la relation de Ciui, erf paya sa i-am-on ti.OÛO ducats, selon une relation anonyme publiés dans Franttteo Frnuccio. p. 328; selon une lettre des commissaires de IHse aux JMtt en date du 11 août, cite dut être moins élevée (voir Rose», notes de M Ptentjgues^p. 337),
(3) îl parait que le coup de grâce fut donné à Ferrucci par un gentilhomme. ftêpàgnol du nom de Gara us, cùntitjuù M prvuctpt, M. Punit ogiks flitruflli dei prineipt d'Orange, p. 42, identifie ce personnage avec 1'écuyer Canoz, de la suite de Philibert, toua prétexte que celui-ci n'avait pas d'Espagnole dans son entourage, La conclusion me semble bien risquée.
(é) Ces paroles et celles qui précédant sont tirées de Cm, p. 30. Ailleurs elles «ont citées sous des formes différentes, M. Pierruguea en a donné, dans son édition de Hosan, p. 333-335, les diverses versions.
PHILIBERT DE CHAXON
avec le marquis de Saluées. Adversaire de Fermcd, il ne pouvnit lui refuser son estime; tous deux, la cruauté du Florentin mise à part, étaient dignes l'un de l'autre: sur le champ ai bataille . th ne se fussent pas épargnés, mais le vainqueur n'eût paprisonnier; tous deux sont morts ^lorieusenient Ferrucci fut enterré près de IVglisede (iavinana.
Marcio Colonna se déshonora de même en rachetant 600dtteati et en faisant massacrer, pour le punir d'avoir tué diaa <m combat son cousin Scipion Colonna, un des meilleurs capitaine florentins, Amicu d'Arsoli \is. 1*1 u^ heureux que lui fut Bernanl Slrozzi. Son ennemi .1 ri était rean de ris toi a en porte
l'intention de II hier, mail il ne fut que hîcesè* à la jamlxv GHIesi le paya 1.0(10 ducals. le lit soigner avec sollicitude et lui témoigna toute sorte d'égards. Nicolas Masi fut aussi fait prisonnier i y
La habille de Gavinana fut certainement la plus sanglant .1^ « -elles auxquelles Philibert assista- On ne sait pas au juste à combien d'hommes elle coûta la vie. Varchi (3) en porte le chiffre! plus de 2,000; I{om>(, ; . à 800 et autant de blés* »té in
impériaux, u 500 du côté des Florentu I»flf00; Mai,
à 3,000 fantassins et à :ï00 cavaliers; selon lui. il ne resta que 200 hominr- fî He:njrtni|> 0« survécurent pas à leurs blet! Dans Tannée de Ferrucci, nous relevons les noms oVAIphun>e \<it Ale\andrei de Stipiciano, cousin de Ceri ; de Cambiaso, da I pitanino de Montebtioni, de Cbartei de Castro, du comte Charles de Civttetla.de Julien Frescohaldi, des Corses P&oil et FrajlB de l'ierre- \nlomr l'ont i Bt rie Thomas Lorenzi; dans celle du prime ceux de Pompée Farina, de Jean «le Maio. L'explosion de barils d> poudre et de munitions dr guerre occasionna elle seule la niorl «le 300 Allemands (7),
(i) hune lelire de J.-U. Snnga i\ Pbûibort i Itéfl par M. Pinniit-atra, p. 33S des ootai dr EU>**:o. il insulte que le pup*1 aurait laen désiré a
-m Amico d'Ai'Hoti.
(ï) Vaiwiii. L XI, col. W6; Chronique anonyme de Florence, ma 45 du fonds
n de la Bibliothèque nationale, toi 67°.
(À] L, IV. p 1S3
(6) Lettre du 5 août A l'empereur, dan-
(1) Voir dans Rom, p H;il ouïtes de M rien-u^ues), tel eilraiu de» dite» autour s 11 or en lins relatifs à cette affaire.