‹ Philibert de Chalon, prince d'Orange, vice-roi de NaplesChapitre 211 sur 239 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

Les tom beaux de Philibert et de Jean de Chalon dans l'église des Cordeliers de Lons-le-Saunier par J.-B. Mario et Conrad Meyt. — Voyage de Henri et de René de Nassau en Franche-Comté. — Leurs démêlés avec Philibertc de Luxembourg. — La princesse se retire définitivement en Bourgogne. — Portraits de Philibert. — Jugements portés sur lui.

De tant de gloire et de tant de splendeurs, il n>st resté que Foubli. Qui, dans cette Franche-Comté qu'il a contribué à faire si prospère au seizième siècle; qui, à Lons-le-Saunier, dont il a été l'enfant le plus illustre, connaît encore le nom de Philibert de Chalon? A part quelques érudits, personne. Il y est plus ignoré qu'à Florence ou à Naples. Seule une épitaphe de 02 sur 41 centimètres, encastrée depuis 1879 (1 ) dans le mur d'une chapelle de l'ancienne église des Cordeliers, rappelle que « cy gît » celui qui fut prince d'Orange, duc de Gravina, comte de Tonnerre et de Penthièvre, vice-roi de Naples, lieutenant général de l'empereur en Italie, gouverneur de Bourgogne... C'est tout. Cette épitaphe n'est même pas à l'endroit exact de sa sépulture; ce n'est pas sous les dalles de cette chapelle, mais dans un caveau pratiqué sous le chœur, que le prince fut inhumé. Le caveau n'existe plus (2). « Je suis descendu, dit le président Clerc, je suis descendu, il y a quinze ans, dans cette salle souterraine, où l'on ne descendra plus. On y arrivait par un escalier. C'est un grand carré que surmonte une double voûte partagée par un arc doubleau; dans ces derniers

(1) C'est à la diligence do M. l'abbé Bond on. alors vicaire de la paroisse. que Tépitaphe du prince a été rétablie dans l'église des Cordeliers. Elle a été reproduite, ainsi que celle de Philibertc de Luxembourg, à la lin du Mémoire de M. Clerc, et à la page 38 du Giornali del principe d'Orange, de M. Pier- ■ugues.

(2) Il fut ouvert un peu avant 1860, lors de réparations faites au maîtreautel (Sandbet, Philibert de Chalon, p. 73).

temps, et pour l'assainissement de l'église, on Ta comblé en y jetant une grande quantité de pierres; car le fond était rempli d'eau.

f Le long des murs, sur des appuis peu élevés, se voyaient de longues tables de pierre, isolées les unes des autres. Les corps de Jean de Chalon, de Jeanne de Bourbon, sa première femme, du jeune Claude et de Philibert de Chalon y avaient été déposés lors de leur sépulture, mais ils avaient disparu, et, sur les tables, on apercevait seulement quelques os, faibles et derniers restes attestant le néant des grandeurs humaines (1).

c Au-dessus de chaque table étaient incrustées dans le mur des tablettes de pierre blanche portant les inscriptions et les armoiries des défunts déposés sur ces dalles (2).

« Avant le comblement de la crypte, le conservateur du musée de Lons-le-Saunier (3; avait heureusement obtenu l'autorisation d'enlever les écussons sculptés de ces cinq princes et princesses; tous ont été sauvés et déposés au musée de cette ville (4).

t De ce nombre est celui de Philiberte de Luxembourg... (5). »

Cependant non loin de cette modeste pierre tombale qui laisse indifférents les fidèles, n'attire pas le regard du passant et ne retient même pas l'attention de l'archéologue et de l'épigraphiste, il devrait s'élever un monument digne du vaillant capitaine que fut le prince. Philiberte de Luxembourg, si fière de lui quelle avait fait graver sur sa propre épitaphe comme son principal titre de gloire celui de « mère de messire Philibert de Chalon, prince

(1) Dans sa notice (p. 73). M. Saxdret dit que « le sarcophage qui renferma les reste» de Philibert e-t encore de nos jours dans le caveau funéraire d<- la maison de Chalon », «t ipje l'on trouva dans le caveau « cinq sarcophages en pierre, hauts d'un mètre environ. sans ornements, rangés en ligne au fond de l'abside ». Ces renseignements, fournis par M. l'abbé Bondon à M. Saudrel san> doute d'après une tradition qui remontait à plus de vingt ans. sont inexacts II faut >'en tenir <\iv ce point au témoignage de M. le président Clerc, qui a eocore pu visiter le caveau — Rocsset. dans son Dietionnairt géographique, historique et statistique de* communes de la Franeke-Comlé, t III, p. 605, dit que, dans le caveau de l'église. • on voit encore les squelettes (autrefois renfermé-» dan» des cercueil» de plomb) de quatre personnes étendus sur quatre table» de pierre, malheureusement submergées par da< eauv d'infiltration » (185-j).

(2) Ces épitaphe- ont été reproduite* dan» l'Annuaire du département du Jura pour J#/.?.p. 103. 1U8 et 118. et par R..t »et. ibid.

(lîi M. Zéphvnn Robert.

(i) Il eût été eiMlrin. ut décent de sauver le» restes des derniers Chalon.

(5) Philibert dr Chal-m, p. 80.

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