‹ Philibert de Chalon, prince d'Orange, vice-roi de NaplesChapitre 212 sur 239 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

d'Orange », avait rêvé pour lui un monument grandiose (1). A la fin de l'année, elle chargea deux des officiers de sa maison. Anatoile Gamelin et Odot Roy, qu'elle envoyait à Naples auprès du ▼ice-roi, le cardinal Colonna, pour essayer de recouvrer une partie des fortes sommes dues à son fils, de rechercher dans cette ville, à Milan, à Rome ou ailleurs « les sépultures les plus belles qu'ilz pourront entendre » et d'apporter en dessin ou • pourtraict legier » ce qu'ils trouveraient de plus f exquis » (2). Pour l'exécuter, ainsi que celui de Jean de Chalon, son mari, elle lit choix de deux sculpteurs, le Florentin Jean-Baptiste Mario et le Flamand Conrad Meyt, celui-là même qui avait collaboré, dans l'église de Brou, au magnifique mausolée de Philibert le Beau, duc de Savoie. Par contrat passé avec eux, le 23 janvier 1531, elle mettait à leur disposition la somme, énorme pour le temps, de 10,000 francs, payables par moitié à chacun, à raison de 200 francs ou plus par mois, selon le nombre d'ouvriers qu'ils entretiendraient. Les travaux seraient commencés le 1er avril suivant et devraient être terminés deux ans après. Tous les détails en furent rigoureusement déterminés ou discutés par la princesse elle-même. Les deux tombeaux seraient en albâtre de la carrière de Saint-Lothain et en marbre noir fourni par Philiberte. Le gros œuvre fut confié à Mario et la partie artistique à Meyt.

Celui du prince serait dans le chœur, entre les stalles et la fenêtre ou verrière étant auprès du grand autel, du côté de la sacristie. Outre les f antiquailles », médaillons, frises, moulures, armoiries et autres motifs, dont il eût été orné à profusion, si Ton en juge par les conditions stipulées dans le marché, il eût été décoré des statues en grandeur naturelle de deux vertus théologales, de cinq des neuf preux, de Philiberte à genoux et les mains jointes, de Notre-Dame de Lorette sur des nuages et soutenue par des anges, du prince agenouillé devant elle sur un coussin, en vêtement ducal, la couronne sur la tête, les insignes de la Toison d'or au cou, le chapeau ducal sur un autre coussin, avec, près de lui, un

(li Sur celle de Jean de Chalon, elle avait fait également inscrire la qualité île « père de raessire Philibert de Chalon, prince d'Orange ». Aucun de ses titres, sauf celui de prince d'Orange, n'y est indiqué. Cf. Rousset, loe. cit.

(2) 31 décembre, Pièces justificatives, n° 385; Archives du Doubs, £ 1301.

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