‹ Philibert de Chalon, prince d'Orange, vice-roi de NaplesChapitre 23 sur 239 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

cèdent*, car on y ferrailla longtemps et ferme. Quatre des jouteurs mur dirent la pi

Le prand attrait de ces fêtes consista surtout dans l'attaque du qui eut lieu le i" et le 2 janvier. Ce bastillon semble avoir lifté pour la circonstance, dans le val de Mieires, en face du bateau. IL était llanqué de quatre tours, avec, devant, un pont* et, derrière, une poterne; il était entouré d*un fossé >-- / ad al Itail détendu par une puissante artillerie. Le I* janvier, le prince, avec ses gens, ses cinq tenants et cinquante-six gentilshommes, bien armés, la dague au côté et la pique m poing, l'enferma dans le bastillon. que Montferrand devait atafé* per avec un millier dhommes et du canon, A rapprocha de Montraud, vingUcinq Albanais sortirent à cheval pour enlever un troupeau de moutons destinés au ravitaillement des défenseurla place* Ce coup de main réussit d'abord, mais les moutons furent Ireprifl 1 la suite d'un combat à la lance, i a la mode des Albanois*, dit l'auteur du récit du tournoi, Aussiiùr Moûtferraod IH avancer son artillerie et un pont roulant* sur lequel, selon le chroniqueur, pouvaient être cent bon de front* Il envoya un héraut sommer les assiégés de se rendre; Il commanderait lTassaut. Philibert lit répondre qu'il était i -utenir f attaque. Bien vite il opéra une sortie, les cavaliers

ébauchant par le pont-levis et les fantassins par la poterne : mais, toute l'impétuosité de sa petite troupe, il ne put entamer plus épaisses de M.uilferrand,et il dut revenir se mettre l'abri du bastillon. De part et d'autre il y avait eu des ble jitsques a effusion de sang

tte escarmouche succéda un combat d^rtilieriequi fut bientôt suivi de l'assaut, conduit au son des trompette! et des tambours. L'ennemi M rua dans les fosséa el dressa nombre d'échelles contre le bastitlon, mais il fut accueilli à coups de canon, de pique, de lance et d'Ipée Montferrand fit sonner Ja retraite, ce que voyant» upe du prince exécuta une nouvelle sortie qui Tut re poussée et suivie d'un second assaut, dans lequel il y eut encore des blés lu ai l'ut conclu jusqu'au lendemain à midi.

Le 2, à I heure fixée, la lutte recommença- Mais, comme les s avaient reçu des renforts, Philibert résolut de livrer a son

adversaire une bataille rangée. Montferrand, prévenu, fit faire une reconnaissance par un de ses officiers, qui le mit au courant des dispositions prises par le prince; ensuite de quoi, il donna le signal du combat. Ses troupes baisèrent la terre, en demandant à Dieu la victoire, puis elles se précipitèrent en avant. Celles de Philibert firent de même. Tout d'abord, l'engagement se borna à des échanges de coups de canon et à des escarmouches entre les enfants perdus des deux partis. Enfin les belligérants se rencontrèrent. De côté et d'autre, l'acharnement fut incroyable, mais l'élan des hommes d'armes du prince fut tel que ceux de Montferrand durent céder et s'enfuir. La nuit venue, Philibert rentra victorieux en son château de Nozeroy, où il fut acclamé par les dames.

Après un copieux souper, il y eut un troisième carrousel, toujours à selle rase. Il fut encore plus animé que les deux autres, car, dit le chroniqueur qui nous fournit ces détails, les jeunes gentilshommes c tournèrent les uns contre les autres et se donnèrent de si grands coups de lance qu'ils se portèrent par terre,hommeset chevaux, d'un costel et d'autre, et coururent tant et si longuement que par lesdites dames furent requis d'aller reposer pour les gros fais qu'ils avoient porté ce jour •. Le prince sortit vainqueur de toutes ces épreuves et obtint le prix, réservé au plus courageux et au plus habile.

Ainsi se termina ce tournoi, le dernier que Ton vit en Franche- Comté. L'endroit où eurent lieu ces fêtes s'appelle encore le champ du tournoi (i).

Cependant les mois s'écoulaient, et Philibert n'était pas remis en possession de la principauté d'Orange. Le Parlement de Dauphiné refusait de plus en plus d'entériner les lettres patentes du roi, et, comme le prince le dit mélancoliquement dans son mémoire, t elles sont demeurées illusoires ». Si elles ne furent pas suivies d'effet, c'est que François Ier le voulut bien ; peut-être avait-il envoyé sous main des ordres en conséquence. Car est-il possible d'admettre qu'un Parlement de province ait osé résister à ce point à une série

(1) Dunoi», Nobiliaire du comté de BouryOfjne, p. 300 et suîv. ; Clerc, Philibert de Chalon, p. 12; Rousset, t. IV, p. 506-508; Sandret, p. 19-21 et 84-93.

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d'injonctions qui semblaient [fins formelles lesunesque les auti.

rarement non Si le roi fut le complice du ParlemeiiLil fttt vraituent coupable; s'il fut de lionne foi, il manqua tout à l'ait d'nulon i qtt'il en soit, Philibert fut la victime dune iniquité dfl

laquelle te roi est responsable. II en ressentit unt! violente et légitime colère, qui devait le pousser aux résolutions les plus ex I renies» La «grande faute t que Brantôme a reprochée à François ltrJa voilà, ainsi qii il a été dit en commençant, il ne tarda pas à la regretter. Ce n'était d'ailleurs pat le m>uI irriefqtie le prince et sa mère eussent contre lui, ce n*est pas le seul manquement de parole dont ils eurent à se plaindre de sa part. Le trésor royal leur était redevable d'une somme de 27,000 livres tournois que la reine Anne, par lettres du 14 décembre LiïW. avait reconnue à Jean IV de Chaluu ; il leur étiil btede 21 ,900 livre», qui restaient à payer sur la somme

de â.^000 livres dont François I*', par son mandement du 18 mai 1516, donne' à Crémieux. avait prescrit le versement pour liquider la délie de 50,000 livres que Louis XII avait accordées a Jwin.en recompta*! Ar -p- srrvjn- Kntin, François, qui, on Ta vu. avait promis, contrat de mariage de Claude de Chalon avec Henri* comte de tseiti, une somme de 10,000 livres, payable six an- après le ii iagt, D '.'iv;ut p.is encore tenu ses engagements. Il est vrai de dire que le teime léçal n'était p*l expiré, mais il Tétait largement 15&8, quand René, ti!s de Claude et héritier de Philibert, prei la liberté de réclamer au roi ce qui lui était redù\indépendamandicatione territoriales (1),

L'année 1520 s'ouvrit pour Philibert par un événement qui devait avoir la plus grande inlluence sur sa destinée : ce fut sa riait l'empereur, de qui il allait recevoir le collier de la Toison «for. lé de quelques serviteurs, il pari il, le 20 janvier, de V»zepour l'Espagne. |l ne nous est malheureusement parvenu aucun détail §nr les incidents de ce Ïoulf voyage, mais nous savons qn*d accueil fut fait -i la cour au prune d'Orange, Apres la lettre In mot* de mars 1519, il pouvait craindre au moins une glaciale, sinon des reproches dont il lui eût été assez

\ rchirea nationales , H 67,

difficile de se disculper. S'il avait objecté que, lors de ses deux séjours auprès de François I", son principal but était d'obtenir la restitution de la principauté d'Orange, il aurait été assez embarrassé d'expliquer les raisons pour lesquelles il les avait exagérément prolongés, de justifier sa présence aux fêtes et aux tournois d'Amboise, etc. Souverain dépossédé, sa place n'était pas auprès de son spoliateur. Au lieu de cela, Charles-Quint le combla de prévenances. Il lui remit lui-môme les insignes de la Toison et le nomma capitaine de 50 lances de ses ordonnances. Par lettre datée de la Corogne,le 3 mai, l'empereur mandait à la princesse d'Orange combien il avait élé satisfait de la visite de son fils, et il la remerciait du plaisir qu'elle lui avait causé en le lui envoyant. Il l'avait trouvé animé des meilleures dispositions et décidé à lui faire t un bon service ». De son côté, il était prêt à lui accorder sa bienveillance et à « le croistre en estât, honneurs et bien ». Comme il était sur le point de s'embarquer pour l'Allemagne, il emmenait avec lui Philibert en Angleterre, où il avait à s'arrêter. Il terminait en informant la princesse qu'une fois aprivé en ses États, il lui renverrait son fils, mais dans l'espoir qu'elle le laisserait bientôt revenir auprès de lui, t afin, disait-il, que je l'aye continuellement près de moy ». Philibert était désormais gagné à la cause de l'empereur (4).

Au moment de quitter l'Espagne, il congédia les personnes de sa suite (2) et leur confia son testament qu'il venait de faire à la Gorogne. le 3 mai, en même temps que l'empereur écrivait à sa mère. Il instituait pour ses héritiers sa sœur Claude, comtesse de Nassau, et son jeune neveu René (3).

Le séjour de Charles-Quint en Angleterre fut de quatre jours seulement (2G-29 mai) (4), le temps de détacher, grâce à la conni-

(1) Clerc, Philibert deCkalon, p 13; Pièces justificatives, n* 18; Archives du Doubs, E 1296;Sandret, p. 83; Revue de la Cote-d'Ortt. II, p. 221; Annuairtd* département du Jura pour 1841, p. 148.

(2j Claude de Montrichard, son mai tre d'hôtel; Philippe Vauchier, son secrétaire; le sieur de l'Etoile, un des Visemal et Jean de Fallerans. (Archives du Doubs, E 1287.)

l'A) Pièces justificatives. n° 19; Archives du Doubs, E 1326. Il le ratiûa par un codicille daté de Nozerov, le 30 avril 1521. L'original est conservé dans les archives de la famille royale à la Haye; il a ligure à l'Exposition d'objets relatifs à la maison d'Orange, qui a eu lieu en 1880 dans cette ville.

(4) Le 2G, a Douvres ; les 27 et 28, àCantorbéry : le 29, À Sandwick. (Gacbakd, Journal det voyages de Charlet-Quint, t. I, p. 63.)

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