‹ Philibert de Chalon, prince d'Orange, vice-roi de NaplesChapitre 25 sur 239 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Philibert au siège de Tournai. — Il accompagne l'empereur en Espagne. — Sa brillante campagoe dans le Béarn. — Il prend part au siège de Pontarabie comme général de l'infanterie espagnole. — Siège de Bayonne. — Prise de Pontarabie. — Philibert, désigné pour servir en Italie, est fait prisonnier à Villefranche, près Nice. — Sa captivité à Bourges, à Lusignan et à Lyon. — Sa mise en liberté et son retour en Franche-Comté. — Guerre des paysans en Franche-Comté. — La principauté d'Orange depuis sa confiscation.

Claude de Chalon avait langui et s'était éteinte pendant que son mari et Frantz de Sickingen, autre lieutenant de l'empereur, envahissaient le duché de Bouillon et la principauté de Sedan pour punir Robert de la Mark d'avoir assiégé Virton, dans le Luxembourg, qu'ils s'emparaient de Mouzon et essayaient de prendre Mézières défendue par Bayard. C'était donc le beau-frère de Philibert qui, dans cette partie de la France, avait donné le signal des hostilités, prélude des guerres entre Charles-Quint et François I,r.

Usant du droit que lui conférait, comme à tous les Franc- Comtois, le pacte de neutralité de Saint-Jean-de-Losne, celui de servir l'Empire, désireux surtout de se venger du roi, le prince, qui avait, dit-il, « conclu et délibéré se tirer devers la très saincte Magestéde l'empereur », donna, le 8 avril 1524, à sa mère pouvoir de gouverner et régir ses biens en Franche-Comté, Bourgogne, Dauphiné, Bretagne, etc. (4). Environ un mois plus tard, il recevait de Charles-Quint une commission, datée de la Corogne, 26 avril, pour lever une compagnie de 50 hommes d'armes, dont il serait capitaine (2), et partait pour les Flandres. Après avoir été quelque temps à Bruxelles, où il s'était fait faire des tentes consi-

U) Archives du Doubs, E 1322. Cet acte est le renouvellement d'un premier pouvoir, du 23 janvier 1520.

(2) Archives du Nord, B 735, n* 17034 du Trésor des chartes.

dérées comme c fort belles » (1), il rejoignit, à la fin de juillet, les troupes impériales qui assiégeaient Tournai sous le commandement du comte de Nassau. C'est devant cette ville qu'il fit ses premières armes. Il avait sous ses ordres l'avant-garde, « avec deux ou troys capitaynes pour le conduyre » (2). Le silence des historiens de Tournai sur son compte peut faire croire que son rôle au point de vue militaire fut assez effacé, mais, au témoignage de La Pise, il y fit « preuves d'une vertu extraordinaire » (3). Il est certain toutefois qu'il y montra une réelle valeur, à laquelle plus tard Charles-Quint tint lui-même à rendre hommage (4). La place capitula le Ier décembre (5). Il avait dû, comme cela lui arriva souvent par la suite, faire les avances de l'entretien de sa compagnie et rembourser à des marchands d'Anvers des sommes que son beau-frère et lui leur avaient empruntées pour la solde de 50 hommes d'armes et de 100 archers (6).

C'est aussi au siège de Tournai que commença son duel à mort avec François Itr.

La riposte ne se fit pas attendre. Le roi, qui, le 8 octobre, avait attribué le comté de Penthièvre à Louis de Lorraine, comte de Vaudémont (7), prononça la confiscation de tous les biens que Philibert possédait en France, notamment de la principauté d'Orange; il la donna à Gaspard de Coligny, seigneur de Châtillon, qu'il avait fait maréchal (8). Jean Walhaut, président au Parlement de Paris,

(1) Nouvelles de juillet 1521 (vers le 20), ins. fr. 3092 de la Bibliothèque nationale, fol. 126.

(2) Nouvelles de juillet 1521 (vers le 20), ms. fr. 3092 de la Bibliothèque nationale, fol. 126.

(4) Le privilège de Charles-Quint, en sa faveur, publié aux Pièces justificatives, n* 374. contient à ce sujet le passage suivant : « Quippe qui in Gallia Belgica, dum Tornacum, Nerviorum urbem. a Gallis occupatam, in (idem nostram recepimus, non vulgaris suœ in nos fidei ejusque et corporis fortitudiois et animi virtutis documenta pnustare cœpit... »

(;>) Gachard, Journal des voyags de Charles- Quinl, t. I, p. 32.

((>j Ordre de payement à Henri de Nassau et à Philibert de 1,456 livres à compta sur coll.- de 12,604 livres empruntée par eux « d'aucuns marchands d'Anvers pour faire paiement aux cinquante hommes d'armes et cent archiert de 1mm eOM* pai^nies pour trois mois de leurs gaiges entant moins de neuf mois fÉttar sont duz... » (Archives du Nord, B 2303.)

(7) L'acte est aux Archives du Doubs, E Chalon, supplément, !•

(8j L'acte de donation par François Ier à Gaspard de Coligny i du Doubs, E 1335.

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