CHAPITRE IV
ef'ano, saccagea Lutiano, Castelnuovo, Capolona et Castellucio. D'après le journal, Philibert était, le 21 } dans une abbaye près de PiftW(l), Ce même jour, Lannoy et l'évêque de Vàison vinrent, à ia suite d'un voyage périlleux, conférer avec Bourbon dans cette localité Comme larmée était, en ce moment, complètement opposée à la trêve, le connétable demanda alors 240,000 ducats. Le vice-roi donna Tordre de réexpédier à Florence les 80,000 ducats qui étaient d'vi envoyés à destination de l'année; il fit, avec l'assentiment de Bourbon, part au pape des nouvelles conditions qui étaient imposée*, eu laissant espérer toutefois qu'il pourrait, grâce au concours des Florentins, réunir la somme exigée; enfin, il se rendit
s ne pour attendre la réponse (â), Mais comment se procurer une pareille domine? Clément songea à Taire une promotion de cardinaux et à se créer ainsi des ressources. Il en fut détourné surtout par François «ruichartHû, l'historien, lieutenant général des troupes pontificales, qui s'écria, dit-on : « La victoire ou la mort! • Cet avis prévalut: il fut décidé que Borne serait mise en élat de défense.
KglOOi buiitôl quelles furent le» mesures prises pour résister
RTinv/tsion devenue de plus en plus menaçante et tout à fait iminente Lannoy fut avisé de ne pas poursuivre les négociations (3). Ati lieu de s'attarder à aller assiéger Florence, qui était protégée ar les forces du duc d'Urbin et du marquis de Saluées concentrées dans les environs, et de compromettre ainsi le résultat qui était dans les vœux de tous, la prise de Home, Bourbon, dont Faruv mentait sans cesse de recrues venues de divers points
e (Italie, partit de Montevarchi poux Ârezzo, où M était Je nvni
À Sien ne , Je $7, il harangua les prisonniers qu'il avait faits; il
leur déclara que ceux qui voudraient s'en retourner dans leurs
foyers étaient libres de le faire; quant à ceux qui consentiraient à
rvir dans ses rangs, ils auraient leur part du sac de Rome. Les
lus jeunes restèrent presque tous (5) Le même jour, une conven-
■ o*apàjite, foc. at , p. 302; Journal, dans Clerc, p. k, p. H3 h m.*, p, îift-97.
(4) Jti:fl.\Al'4HT£, toc, çft , p, 3Û3.
i5.i Voir (jmciuiwiN, dan* le recueil Milaueii, p,
tion fut conclue avec le gouverneur de Sienne pour le ravitaillement des troupes. Au témoignage d'un des compagnons du prince d'Orange, Antoine de Montrichard (4), les ennemis avaient enlevé le blé et le vin. Pendant dix ou douze jours, l'armée Tut privée de pain; elle ne se nourrissait que de viande, car, heureusement pour elle, elle* trouva quantité de bétail dans le plat pays (2).
Philibert était encore à Sienne le 28 et le 29. Par son journal, nous savons qu'il soupa, le soir, à Travalle ou Trevalli, peut-être Valli sous Sienne (3).
A partir de ce moment, l'élan des Impériaux ne connut plus de limites. Tous les impedimenta qui auraient pu retarder leur marche, artillerie, bagages, furent laissés de côté. Ce qui seul aurait pu faire obstacle à cette formidable poussée humaine, c'étaient les grandes pluies et le mauvais état des chemins. Mais ils en avaient vu bien d'autres pendant l'hiver qui venait de finir. Et puis Rome, le but si souvent promis, si ardemment désiré, n'était plus qu'à une faible distance.
Le passage de la Paglia s'effectua dans des conditions sinon périlleuses, au moins très originales. Les eaux de cette rivière, généralement basses en temps ordinaire, avaient atteint un niveau assez élevé. Sous la conduite des plus robustes et des plus courageux, les fantassins y entraient au nombre de trente à quarante à la fois, serrés les uns contre les autres et se tenant étroitement enlacés pour n'être pas entraînés par le courant. Ils parvenaient ainsi sur la rive opposée, où était déjà la plus grande partie de la cavalerie de Philibert, ou ils montaient en croupe sur les chevaux rapprochés le plus possible, ou bien encore ils se suspendaient à leurs crinières ou à leurs queues. Les pertes en hommes furent pour ainsi dire insignifiantes (4). Au fur et à mesure que les groupes étaient reformés, la marche en avant recommençait. En quelques jours les dernières étapes furent franchies. Le 30, Philibert était
(lj Fils de Claude, le dévoué maître d'hôtel ou plutôt le conseiller de Philibert de Chaton.
(2) Coppie des nouvelle» que le jotne Monlriehart a apporté de Rome, mm 1527 , publiù par le baron de Keiffenbehg, dans Hullelim de ï Académie royale de Bruxellet {de Belgique depuis 1845), 1843, t. X, 2* partie, p. 477.
(3) Dan* Cleac, p. 63. t
(4) Buo.napartb, loc. cit., p. 314-315. ■ ^j.