‹ Philibert de Chalon, prince d'Orange, vice-roi de NaplesChapitre 48 sur 239 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Arrivée des Impériaux sous les mors de Rome. — Attaque de la ville. — Mort du connétable de Bourbon. — Philibert continue la lutte. — Il est désigné pour prendre le commandement en chef des troupes. — Propositions de capitulation repoussées par Clément VII. — Prise de Rome. — Le prince essaye d'arrêter le sac de la ville et sauve de la destruction une partie des archives et de la bibliothèque du Vatican.

La cavalerie de Philibert n'était plus qu'à vingt-quatre milles de Rome quand la nouvelle en fut apportée dans la ville par des suburbains épouvantés qui venaient s'y réfugier. Rien ne saurait donner une idée de la panique qui s'empara alors des Romains. Nombre d'habitants s'enfuirent au loin, notamment à Ancône, emportant avec eux ce qu'ils avaient de plus précieux. D'autres s'empressèrent de chercher pour eux et leurs biens un asile au château Saint-Ange, dans les palais des grands dévoués à la cause de l'empereur, ou dans les demeures des Espagnols, dont la nationalité semblait devoir les protéger contre les violences du vainqueur. Chacun ne songeait qu'à sa propre sécurité; personne ne se préoccupait de l'intérêt général. Aux demandes pressantes d'argent qui leur étaient adressées par le pape, les cardinaux, la noblesse et la bourgeoisie répondaient par des refus polis ou par des raisons d'impossibilité absolue. Pour s'en procurer, Clément VII créa, le 3 mai, cinq cardinaux : Hercule de Gonzague, fils d'Isabelle, marquise de Mantoue, âgé de vingt-deux ans; le Vénitien Marin Grimani, les Florentins Nicolas Gaddi et Benoît Accolti, enfin le Génois Augustin Spinola. Il retira, par ce moyen, 40,000 ducats.

Le même jour, il apprenait que Bourbon était déjà en deçà de Yiterbe. Il pensa un instant à quitter Rome; dans cette prévision, il avait fait venir quelques-unes de ses galères jusqu'à San Paolo. Les conseils de Rence de Ceri raffermirent son courage. Il par-

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