CHAPITRE V
courut la ville pour t&cher de taire partager sa confiance à la population; il ordonna à ses capitaines de mettre tes remparts en état de défense, de les garnir de troupes, d'y établir des réserves
pourvoir aux approvisionnements; ïi fit barricader les portes pour rendre toute sortie impossible En vain les Romains lui
-(>ntnienl-ils la résistance comme inutile et l'engageaient- ils à solliciter la pair auprès du connétable; il proclamait que Dieu envoyait les luthériens dans la capitale de la sainte religion pour v être exterminés. Il lança l'excommunication contre ceux qui abattaient dans l'affilée impériale, accorda une indulgence pléni^re et promit le salut éternel aux défenseurs de l'Église. L'attitude de Cléuieut VU, dans ces circonstances, fut à la hauteur d'un péril dont il ne soupçonnait pas l'étendue. Jlence de Cerî fut nommé commandant en chef de l'armée pontificale; Jean-Antoine Orelai fut placé à la tête de la cavalerie, et Horace Baglioni chargé
irder le pont Molle. Les murailles furent réparées en toute hâte, de nouveaux retranchements furent élevés. L'infanterie comptait déjà 4,000 hommes. On espérait qu elle atteindrait bientôt 7,000. Le nombre de ceux qui étaient en état de porter les u m ^ était estimé à 30,000. Les cardinaux prêchaient la lutte à outrance contre les barbares. De son coté. Ronce affirmait que* faute de vivres, l'ennemi ne pourrait pas tenir deux jours sous les
de Home; que, faute aussi d'artillerie, il ne devait pas songer h s*emparer de la ville, et que, s'il osait en faire le siège, Tar-
de la lieue le contraindrait a s'éloigner (1). Il en était si bien convaincu qu'il faisait écrire Je 4 mai, à fini llansrone par Gibet ti,
re de la chancellerie, qu'il n'était pas nécessaire d'envoyer
Nau secours de Home des forces considérables, que 400cbevau-légers 500 I Mitassins su ftî raient. Bref, le succès lui paraissait certain
Dans un conseil de guerre réuni à l"IsofaT BOttl la présidence du nm tié table, la situation fut soigneusement examinée. Après de longue? discussions, il fut décidé qu'il y aurait lieu d'entrer en pourparlers avec le pape pour la conclusion d'un traité. Le dimanche 3 mai, Bourbon et son état-major arrivèrent de bonne
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heure près de Rome. Il fit porter à Clément YII par un trompette une lettre dans laquelle, selon Buonaparte, il lui demandait simplement l'autorisation de faire passer l'armée parla ville, soi-disant pour la conduire à Naples; selon d'autres, comme l'auteur de la relation remise à Montrichard, sans doute par Philibert luimême, pour lui proposer la paix. Ce dernier témoignage me semblant, en raison de son origine, avoir une véritable valeur pour ce qui concerne la question du siège de Rome, je crois devoir en tenir sérieusement compte. « Il (Bourbon) desiroit que bonne paix fust entre Sa Saincteté et la Majesté de l'empereur, et... que tous jours il estoit bon vray filz de l'Eglise, et seroit trop mary si inconvénient venoit en icelle ; pour ceste cause qu'il luy pleust regarder quel traictié il vouldroit faire avecq Sa Majesté, et que si c'estoit offre qui fust raisonnable, l'accepteroit, rendant l'empereur ce que par bon droict luy appartenoit. Et quant ad ce qu'il se plaindoit n'avoir argent pour les cent et cincquante mille ducatz qu'il luy avoit demandé, qu'il attendroît huit jours, voire quinze, et feroit tant qu'il contenteroit l'armée et qu'il eustbien a regarder et penser quel inconvénient seroit s'il entroit a Rome par force ou d'aultre voye rigoureuse (4). •
La lettre du connétable parvint-elle jusqu'au pape? C'est douteux. Ou, comme Rence de Ceri. avait-il une confiance aveugle dans le succès de ses armes? Ce qui est certain, c'est que la réponse, qui devait être rendue pour six heures, n'arriva pas. Dans la même soirée, il y eut quelques escarmouches; la cavalerie de Philibert repoussa un détachement commandé par Luc-Antoine Tomassoni de Terni, pendant que des Allemands qui voulaient traverser le Tibre dans des barques près de la porte del Popolo en furent empêchés par Horace Bagiioni (2).
Bourbon, profondément irrité de voir que Clément VII non seulement n'avait pas accueilli ses ouvertures, mais n'avait même pas donné signe de vie, craignant peut-être que tout retard n'enhardit les Romains et ne démoralisât ses propres troupes, convoqua ses lieutenants. 11 leur représenta la nécessité de frapper iramédiate-
(lj Bulletint de V Académie royale de Bruxelles (de Belgique), 1843, t X, 2« partie, p. 477 et 478.
(2) Schulz. p. 103.