CHAPITRE VI
ils
de la forteresse. Mais, comme c'était à prévoir, leurs exigences croissaient avec te temps, car l'armée de fa ligue se faisait toujours détirefj et la position des Assiégé* était de plus en plus critique, Maintenant ils voulaient 100,000 ducats, dont 100,000 payables immédiatement, 50,000 dans quinze jours, même somme après pareil délai, et le reste dans deux mois (I).
Ke !!.# mai, les Irois commissaires allèrent pour signer la convention. Aux articles primitifs ils en ajoutèrent d'autres com 13 ;■ xi t IVvacualion du château par la garnison. Le prince devait assister au départ des assiégés et veiller à leur sécurité (2) : trois compagnies allemandes, cinq compagnies espagnoles et 100 chevau-légers les escorteraient jusqu'à quatre ou cinq milles. Mais, pendant les négociations, on constata que le pape n'était pas en mesura de donner les 100,000 ducats stipulés pour le premier versement, car les sommes et l'argenterie conservées à Saint- Ange représentaient seulement une valeur de 80.000 ducats. La différence fut promise sous la garantie de Clément VU et des cardinaux. Enfin il fut admis que les Impériaux prendraient possession de la forteresse le jour même,
Uorequa le moment d'apposer ia signature fut arrivé, le pape otijecla que cette convention n'était pas suffisamment honorable pour lui, que farmée de la ligue venait à son secours, qu'elle était proche, que, dans l'état actuel il valait mieux attendre, parce que la situation se trouverait ainsi plus nette; bref, il sollicitait six jours de répit (3 h Les commissaires lui répondirent que les Impériaux n'avaient aucune raison de redouter L'ennemi, qu'ils entreraient par la force au château Saint-Ange, que tout délai lui était préjudiciable* et que s'il voulait [dus tard obtenir de meilleures conditions elles lui seraient certainement refusées* Clément VU demanda un quart d'heure pour réfléchir, ce qui lui fut accordé. Pend oit ec tétttp&i lfïs commissaires se retirèrent a part, et le pape
Kil ses principaux conseillers. La plui^iuMgërent à ne pis prolonger d&vaatage une résistance traité île la capituîatiOQ du • juin, celte clause fait l'objet «le
Philibert* r«-tu|M*i •• -HP. du Si juin; Pièce* justificatives, o" TU: le» a Vienne. P A 94, original
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inutile et à signer la convention, mais en se réservant de n'être pas compris dans la capitulation et de ne quitter personnellement le château Saint-Ange que dans un délai de six jours. Clément fit rappeler les commissaires et leur notifia la décision de son entourage. Il ne put obtenir aucune concession. Il paraissait encore une fois sur le point d'accepter les conditions qui lui étaient imposées, lorsque le comte Albert de Carpi lui apporta la nouvelle que les troupes de la ligue étaient à 40 milles de Rome et viendraient le délivrer dans trois ou quatre jours. Ce fut un prétexte pour réclamer un second répit. 11 fit dire qu'on le prévînt, le soir même, par l'archevêque de Capoue s'il lui était accordé ; en cas de négative, il était prêt à donner sa signature. L'abbé de Najera lui répondit que la décision dépendait moins des chefs que de l'armée, et il quitta Saint-Ange avec les deux autres commissaires et Nicolas de Schomberg (1).
Guillaume du Bellay a résumé en quelques mots justes ces négociations, qui ne sont indiquées ici que sommairement, tant le récit en serait fastidieux : c Les menées de plusieurs jours seroient longues a reciter : aujourd'hui paix, demain guerre, aujourd'hui tyrer, demain estre deffendu (2). »
Dans une réunion tenue pendant la nuit, le conseil de guerre résolut de couper court aux tergiversations du pape, en pressant le siège du château Saint-Ange. L'archevêque de Capoue n'eut même pas à rendre de réponse. Hugues de Moncade, le marquis duiiuast et Alarcon furent informés de l'approche des forces de la ligue et invités à amener de iNaples des troupes, des vivres et de l'artillerie. Les gens de guerre, qui étaient disséminés dans Rome, ne songeant qu'à dépenser joyeusement le fruit de leur butin, lurent rassemblés. Jean d'Urbina, avec le concours de l'infanterie espagnole et l'aide des manœuvres fournis par les Colonna, parvint, en l'espace de trois jours et de trois nuits, à entourer de tranchées le château Saint-Ange. Des canons, attendus de Pagliano. devaient servir à la défense des travaux improvisés en toute hâte pour repousser une attaque subite de l'ennemi. Bref, la perspective de combats prochains avait réveillé l'ardeur quelque peu
(1) SCHL'LZ. p. 116-117.
{£) Douez, p. 03.