CHAPITRE VII
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eut retenus k leur place. Clément payerait ta solde des garnisons îles villes livrées. Les Impériaux quitteraient Rome et les États l'Église dès que les troupes de la ligue se seraient retirées du ire qu'elles y occupaient. Quant a l'armé", 330,000 ducats lui «raient pavés, savoir 60?000 comptant aux lansquenets, 35,000 ux Espagnols, dans la quinzaine pareille somme et le reste dans trois mois. Ce double instrument serait, après la libération, du pape, approuvé solennellement par les cardinaux réunis en consistoire (I).
Le lendemain, de Veyre, en même temps que du Cuast, partit pour Naples, afin de soumettre à Moncade la convention avec Tarmée et de faire ratifier le traité avec Charles-Quint. De son côté, le pape désigna un commissaire qui devait accompagner l'année à Vi terne, s'occuper de son entretien et pourvoir à son logement.
Mais, malgré rechange des signatures, Tère des difficultés n'était pas close. En effet, k même jour, les lansquenets, qui avaient
çu seulement 20,000 ducats sur fiO.OOO promis, se mutinèrent de ou veau* blessèrent et firent prisonniers deux de leurs capitaines* 8 rendirent aussitôt t\ la liberté, mais ils firent conduire les otages à la potence, afin de les exécuter, s'ils n'étaient pas entièrement payés dans le plus bref délai. Moncade fut alors prié de bâter l'envoi de l'argent à provenir île la concession des chapeaux card malices. Plusieurs capitaines allemands, prévoyant l'impossibilité absolue de satisfaire les réclamations des lansquenets, se réfugièrent à l'abbaye de G rot ta Ferra ta, qui dépendait du cardinal Colon na.
Le lM décembre, les lansquenets se rassemblèrent de bonne heure au Campo di Fiore, avec I intention bien arrêtée de IUn pendre les otages; mais, dans l'intervalle, ceux-ci, grâce a Vintervention du cardinal Colonna, avaient pu s'enfuir pendant la nuit. Pour calmer leur fureur, on leur fit de nouvelles promesses; on leur livra d'autres otages* Clément VU prit l'engagement de ^éloigner de laisser comme légat le cardinal Campeggio, Il il demanda aux chefs de la ligue de rappeler les troupes qui menaçaient la ville. Le 5 décembre, Philippe Ccrbellon fut chargé de la garde du château Saint-Ange sous les ordres du pape, de qui il
p i%a ; iJ donné en appendice, p. 183-, SU, le texte de 1t convention avec J'arméa,
reçut 4,800 ducats pour ses soldats ; le 6, Clément rentra en possession de cette forteresse, et les armoiries des Médicis y furent replacées. Cet événement fut célébré à Saint-Pierre par un Te Deum, auquel assistèrent nombre de moines et d'ecclésiastiques qui, pendant l'occupation de Rome par les Impériaux, n'auraient pas ose se montrer revêtus du costume religieux (i).
Clément VII savait ne pouvoir pas réunir à temps la somme fixée pour le premier versement de sa rançon. Craignant, non sans motifs et faute de faire honneur à ses engagements, d'être retenu encore en captivité, encouragé par des amis dévoués, il prit le parti de s'évader. Dans la nuit du 6 au 7, il parvint à tromper la surveillance de ses gardiens, se déguisa en marchand et s'échappa du château Saint-Ange. Louis de Gonzague, bien qu'il fût à la solde des Impériaux, l'attendait dans la campagne romaine et le fit reposer dans sa propriété de Crepanica (2). De là il le conduisit à Orvieto, où l'évéque de cette ville, Nicolas Ridolû, lui donna l'hospitalité. Cinq cardinaux restèrent comme otages, en garantie de sa rançon.
Ce fut le premier épilogue de la politique à double face de ce pape, d'une intelligence rare, mais trop ambitieux, qui avait rêvé d'affaiblir l'Empire par la France et la France par l'Empire. Cette politique avait eu pour l'Église de graves conséquences : sans parler du sac de Rome, elle lui avait fait perdre Rimini, Imola et d'autres villes encore : elle en eut de non moins déplorables pour sa famille, à l'élévation de laquelle il eût tout sacrifié. Les Florentins avaient chassé ses neveux Hippolyte et Alexandre, mais en leur conservant leurs biens ; ils avaient, nous l'avons vu, rétabli la république et s'étaient étroitement rapprochés de la France. Les Médicis n'avaient plus d'amis, plus d'alliés. Le duc de Ferrare leur avait repris Modène ; les Vénitiens s'étaient emparés de Ravenne et de Cervia, etc. Pendant sa détention de six mois, il avait eu le loisir de faire d'amères réflexions sur la loyauté et la solidité de
(1) Môme lettre de Perez a l'empereur, dans Villa, p. 317-319; dans Gatangos, p. 476; autre, aussi de Perez. du 6 décembre; ms. fr. 3022 de la Bibliothèque nationale, fol. 18-19; Villa, p. 325; Gayangos. p. 492; Sghulz. p. 159-
(2j Lettre de Perez à l'empereur, du 11 décembre, dans Villa, p. 326; d&m Gayangos, p. 494; Guichardin, I. XVIII. fol. 318.