CHAPITRE Vil
Mais la somme promise par Moncade n'arrivait pas, et l'armée attendait toujours l'arriéré considérable qui lui était dû, Quiiîones, de Veyre et Àlarcon envoyèrent au vice-roi un exprès le prier de fajre le nécessaire pour la délivrance du pape et d'exiger 2:U H M> ducats de chacun des cardinaux à nommer. Ils faisaient observer à Moncade qu'il était bien plus important de contenter l'armée que de retenir Clément Vil prisonnier; Pairie d'indiscipline qui venait de se produire le prouvait bien. Le 21 novembre, ils reçurent un acompte de I.'kOQÛ ducats? et un rapport sur le projet de création de nouveaux cardinaux. Trois des candidats consentaient à verser f h,(mm» dneati au moment de leur promotion et même somme dès la u. m de leurs chapeaux II fui courent] avec le pape que les 15,000 ducats expédiés de Naples et une solde entière, soit en tout 4ÏKCMM» dur iU seraient distribués Mis troupes dans dix jours. Pendant ce temps-la. Je cardinal CokHHia ferait en sorte de hâter la mi*e en liberté de Clément VII et des otages. Quinze jours après,
-x soldes OU lïsjwi dueals seraient encore versés. Mais les Allemands réclamaient, outre les 49,000 ducats, une demi-solde
pitts. Finalement, on arrêta qu'ils auraient 66,000 ducats et que .pilâmes r[ doubte-aoldes auraient seulement leur part de ce qui reitait à échoir. Pour satisfaire les exigences des Espagnol*, de V'evre proposa qi mdidats au cardinalat vinssent à Rome et députassent les 30.000 ducats, partie du prix de leur dignité; le jour même, Parmée serait payée, le pape libéré, et les troupes quitteraient la ville il \t
Durant ecs pourparlers, Charles-Quint avait, à tort, été avisé »pie ta captivité de Clément Vil avait cessé. En effet* le 22 no- Pembrti il lui écrivait : « J'ai entendu par lettres de France la rance de Vostre Sainteté, Et quoique mes ministres ne m'a vent ttàil m mandé rien de tout ceci, ausquels javois commise et donnée barge, estant assuré qu'ils auront fait ce que de ma part je leur avoy enjoint, si me suis je grandement rejoui et de ceci ai reçu un merveilleux contentement et plus que de chose qui me fut on*- peu advenir* Car, a vray dire, de tant plus je fus marry de votre détention, laquelle a été faite sans que j'en sois aucunement
Latl re* à frttfmntr, du 30 novembre, dwia Vill** p. 31S-3U ,
r hulîe. p (jG et 157.
coupable, plus grande aussi en est ma joie et allégresse, oyant que yous êtes délivré par mon commandement et par les mains de mes ministres et serviteurs, de quoi je rends grâces a Notre Seigneur^). »
Mais ce fut seulement le 23 que, dans une assemblée des cardinaux, présidée par Clément VII, fut commencée la discussion des articles du traité entre l'empereur et le pape et de la convention entre celui-ci et l'armée. Plusieurs de ces articles soulevèrent des objections et même de violentes protestations, notamment celui qui visait les possessions des Colonna, celui qui forçait le pape à négocier avec l'armée comme avec un pouvoir autonome et celui qui assurait aux troupes la paisible jouissance des biens dont elles s'étaient emparées. Ce dernier surtout exaspéra Clément au point qu'il rompit les négociations. Il déclara qu'il ne voulait plus capituler et qu'il renonçait à poursuivre sa mise en liberté. Le lendemain cependant il revint sur sa détermination et accepta cette condition pour le cas où le payement des sommes fixées ne serait pas effectué. Enfin, le 26, avec les cardinaux, il apposa sa signature au bas des articles, sans même en avoir entendu la lecture, tant il était énervé. Quinones et de Yeyre signèrent pour Charles-Quint; du Guast, Fernand de Gonzague, Alarcon et Jean d'Urbina., pour l'armée (2).
Voici, en résumé, les principales clauses des deux traités. Le pape serait rétabli dans son autorité spirituelle et temporelle; il convoquerait ultérieurement un concile pour la réformation et la réunion des églises séparées; il ne ferait aucune entreprise contre l'empereur tant dans le Milanais que dans le royaume de Naples; il l'autoriserait à faire une croisade contre les infidèles et lui accorderait la dîme des biens ecclésiastiques en tous ses royaumes. Eo garantie de ces engagements, les villes d'Ostie, Civita Vecchia, Civita Castellana et Forli seraient cédées à l'empereur, ainsi que six otages : Giberti, Jacques Salviati, Galeotto, Mal a tes ta, Alexandre et Hippolyte de Médicis. En attendant l'arrivée d'Alexandre et d'Hippolyte, neveux du pape, les cardinaux Pisani et Trivulce
(1) Lanz, Corretpondenz det K ait eu Karl V, t. I, p. 256, n« 102.
(2) Lettre de Ferez à l'empereur, du 30 novembre, dans Villa, p. 315 et 316; dans Gayangos, p. 474 et 475; Schclz, p. 155.