‹ Philibert de Chalon, prince d'Orange, vice-roi de NaplesChapitre 77 sur 239 · CHAPITRE VIIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIIL

fui facile de la justifier en disant qu'il attendait les ordres de l'empereur en prévision d'une prochaine expédition dans le Milanais; pendant ce temps-là^ il étudierait avec eux les moyens de kl garantir de toute attaque du dehors. La i balia • se laissa persuader* Des fa 11 août» elle décidait de donner sous main KJ ducats d*or par jour au prince et désignait une commission composée de trois membres, Jérôme Marco hindi, Charles Massai ni et le comte Ituonstguon, qui devait traiter avec lui des affaires de la république» Par une autre délibération du 18, elle vota une somme de L00O ducats pour le remercier d'avoir mis à sa disposition de la cavalerie et de l'infanterie I

liais il surgit à peu de temps de là un incident qui faillit tout - «ter, Le bruit s "étant répandu que les milices florentines avaient envahi le territoire Bienooifi, le prince résolut courageusement d'aller à la tète de ses cavaliers pour les repousser. A la p< Carmdlia, il trouva de nombreux citoyens en armes qui essayèrent <ie l'en dissuader, parce qu'ils craignaient que son départ de la ville ne cachât quelque arriére-pensée. Comme il persistait dans sa détermination, ils tournèrent leurs piques contre luir sans endanl lui faire de mal. car il était préservé par son armure •irr. Il n:en partit pas moins avec les siens. C'était une fausse alerte. Il revint à Sienne furieux d'avoir été trompé et encore plus d'à' malmené, Sa colère ne connut plus de bornes quand

il vit affichés (ko tout des placards dans lesquels les habitants lient invités à se délier de lui. Les partisane des Monte Nove l'excitaient contre les gouverneurs qu'ils accusaient d'avoir organisé un complot contre lui. Finalement, il menaça la * balia » de faire venir, pour se venger, toute l'armée impériale sur le territoire de la république fit de lui permettre de vivre à discrétion. Les choses s'arran gèrent a la longue J la « balia • donna» le 6 novembre, une nouvelle somme de 1 f000 ducats et lit un présent au prince lorsqu'il quitta Sienne (î).

Au commencement de ce mois, il était de nouveau malade dans cette ville. Son journal contient la mention de fourniture par l'apo-

i Gtov*-Ant Pfint-i. Mtmnrif itûnco-trilioh* tUlla citta di Situa, Sienn* 1191 et »ui\, t. 111. p. 6 et aux notes. £ M.„ ébid

thicaire Robert de pilules et de drogues jusqu'à concurrence de 8 écus au moins. Il se confessa, le 4" novembre, et fit dire six messes. Il fit allouer « dix escus pour un cbeval a Jean Bontemps, qui n'en avoit pas quand il vint d'Espagne en poste devers Monsieur (1) ». Bontemps lui apportait-il, de la part de l'empereur, l'ordre de retourner à Rome, soit pour traiter avec le pape, soit pour prendre le commandement des troupes et aller ensuite à la rencontre de Lautrec? C'est plus que probable.

Le 8, Philibert écrivait à sa mère : * Bien vous veux je advertir que j'atens une escorte qui doyt venyr de Romme pour me venir quérir, et moy, estre la, feray tout ce que me sera possible de contenter l'armée. Ce que je croys quy se fera, car il ha ja bon commencement, et, se fest, essayrons de recouvrer a l'empereur ce qu'yl a pardu, ce que j'espère quy se fera cy tost; car je sommes encores une bonne armée (2). >

Les derniers instants qu'il passa à Sienne, il les utilisa pour visiter avec Jérôme Pieri, commissaire nommé, le 48, -par la « balia », les principales villes de la république et la Maremme et les mettre en état de défense (3).

Son séjour parmi les Siennois avait été fécond en résultats. D'abord le prince leur avait fait abandonner toute velléité d'adhésion à la ligue, puis il avait obtenu d'eux qu'ils resteraient étroitement soumis à l'obéissance de l'empereur, moyennant le maintien de leurs libertés (4). Malgré l'incident dont il vient d'être question, il avait réussi à se créer à Sienne d excellentes relations. La nombreuse correspondance qu'il entretint plus tard avec la « balia » en est la preuve. Ces relations lui furent profitables comme elles le furent aux Siennois. Ainsi ils lui servaient d'intermédiaires pour ses rapports avec les troupes du Milanais ou avec les Allemands; ils lui avancèrent souvent des fonds dans les besoins les plus pressants de l'armée, mais c'est surtout lors de l'expédition de Florence, en 1529 et en 4530, qu'ils lui rendirent les plus grands

(1) Journal, dans Clerc, p. 67.

(2) Clerc, Philibert de Chaton, p. 31 ; Pièces justificatives, Q° 80; Bibliothèque de Besançon, collection Duvernoy, copie; Rrvue de la Côte-tTOr, t. II, p. SU; Annuaire du département du Jura pour 1843, p. 137-138.

(3) Pecci, op. cit.

(4) /<*., ibid.

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