‹ Philibert de l'OrmeChapitre 23 sur 93 · Dimier, loc. cit ., p · texte numérisé non relu

Dimier, loc. cit ., p

52 LES MAITRES DE L’ART

Quand on créa pour Serlio la charge d’architecte du roi, le nouveau fonctionnaire, privé du pouvoir administratif resté aux mains des ordonnateurs, dut se contenter d’un rôle de comparse. Non seulement on n’écouta pas ses remontrances, mais on se dispensa même de lui demander son avis, comme pour la construction delà salle de bal, à Fontainebleau (pl. VII). « Quant à moi qui étais sur les lieux et y avais une résidence aux gages du grand roi François, on ne m’en demanda pas le moindre conseil », avoue-t-il lui-même, non sans amertume1. Les ordonnateurs continuèrent à ordonner, les contrôleurs à contrôler, les maîtres de l’œuvre à maçonner, le trésorier paya, et l’architecte put faire les plus beaux plans du monde : personne n’en tint le moindre compte.

Les lettres du 3 avril opérèrent un véritable changement à vue. Ce ne fut plus un titre purement honorifique que revêtit Philibert de l’Orme. En recevant la surintendance des bâtiments, il fut investi du pouvoir dont jouissaient avant lui les ordonnateurs de Villeroy et la Bourdaisière. Il eut même une partie du contrôle qu’exerçait jusqu’alors le seul Des Hôtels. Tous les pouvoirs se trouvèrent groupés entre ses mains. Il se vit armé pour briser toutes les résistances et put entreprendre de mettre les maçons à la raison.

Page 1