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3. Ce bail, rènouvelé pour neuf ans, le 19 août 1551 \ fut changé en une donation, car l’hôtel d’Etampes figure dans les propres de la succession de Philibert de l’Orme ( Nouv . arch. de l' Art français, VII, 78).
4. Toisé de pierres fournies pour la construction de là chapelle. P. s., signée aussi de Jean de Lorme. Anet. 25 février 1549 (n. s.). (Coll. Benj. Fillon.) Les travaux d’Anet étaient en cours avant l’arrivée de de l’Orme : « Les murs qùe l’bri
D’aprèb du Cerceau.
Tout cela pourtant n’était rien auprès de la nouvelle charge qu’il allait avoir à remplir. Le 3 avril 1548, Henri II lui donna, avec le titre de son architecte, la direction de tous les bâtiments royaux, à l’exception du Louvre réservé à Pierre Lescot, pour « les faire visiter et toiser, scavoir et vériffier si les ouvrages ont esté bien et deument et loyaument faits, s’il n’y a point eu aucuns malversations et abus, tant à la conduitte des ouvrages que toisages d’iceux, et en ce faisant contraindre ou faire contraindre par toutes voyes et manières en tel cas requises, les maçons, charpentiers et autres qui ont eu et auront charge de ses dits bastimens, édiffices, ouvrages, défaire leur debvoir et réparer leur faulte. » C’était, comme le préciseront plus tard les lettres du 12 juillet 1559, une véritable charge de surintendant des bâtiments L
Dans cette commission, tout était nouveau. Jusqu’alors, la profession d’architecte n’existait pour ainsi dire que sur le papier. Le mot lui-même, à peine usité dans la langue où les Italiens l’avaient introduit sous la forme « d’architecteur », désignait, semble-t-il, surtout des faiseurs d’engins de guerre, de machines, de fortifications, voire même de bâ-
avait commencés premier que j’y fusse », Architecture p. 134.
1. « Les sommes de 1 200 livres par an de gages ordinaires que souloient avoir... les dits maîtres Philibert et Jean de l’Orme frères, commis à la charge et superintendance de nos dits bastimens. » Comptes des bâtiments, I, 165, 335*
LES MAITRES DE L’ART
tisses antiques. On pouvait être « curieux d’architecture » sans savoir pour cela dresser un plan et diriger la construction d’un édifice. L’architecte, chargé de traduire la volonté du seigneur bâtisseur en des plans d’une précision mathématique et de les faire exécuter par les maçons sous une surveillance précise et rigoureuse, n’avait pas encore pris place dans le monde de la construction1.
Les maîtres d’œuvre de la pré-Renaissance, nous l’avons vu, ne connaissaient pas d’autorité au-dessus d’eux. Un personnage de la maison du seigneur, souvent sans aucune connaissance technique, notaire, maître d’hôtel ou secrétaire 2, dessinait un plan et donnait en grandes lignes les dispositions de l’édifice projeté. Parfois le seigneur lui-même fournissait un croquis. Le maître de l’œuvre, après en avoir conféré avec les intéressés, se mettait au travail, sans autre surveillance qu’un contrôle financier très aléatoire, puisque les toisés et les évaluations n’étaient pas établis mathématiquement. L’entreprise se poursuivait, sinon à l’aventure, du moins avec bien plus d’initia-
1. Dimier, le Primatice , p. 141 à 160 et pas sim : nous avons fait de larges emprunts à cet excellent ouvrage.
2. « Tous les jours se voyent plusieurs donneurs de protraits et faiseurs de desseings dont la plus part n’en scaurait bien trasser ou descrire aucun si ce n’est par l’ayde et moyen des peinctres, qui les scavent plutost bien farder, laver, umbrager et colorer que bien faire et ordonner avecques toutes leurs mesures. »> Architecture, f° 21 v°.
tive pour le maître de l’œuvre que le tracé d’un architecte n’en laisse aux entrepreneurs travaillant sous sa direction. Au point de vue artistique, la fantaisie et l’imprévu qui en résultaient pouvaient passer pour un avantage. Au point de vue de la bonne exécution des travaux, les fausses manœuvres, le surcroît de dépenses, les malversations impossibles à contrôler, constituaient certainement une cause d’infériorité marquée. On ne compte pas, au début du seizième siècle, les entreprises que le manque d’argent laissa inachevées l.
A cette règle trop commune, les bâtiments royaux ne faisaient pas exception. M. Dimier a eu le rare mérite de préciser le fonctionnement de leurs services sous les Valois2. François 1er avait des ordonnateurs qui décidaient les travaux dans le Conseil et en prenaient la direction générale, des contrôleurs qui vérifiaient les dépenses avant que le trésorier n’ordonnançât les mandats, des maîtres de l’œuvre qui faisaient agir les maîtres maçons sous leurs ordres. Ainsi composés, les cadres étaient au complet.
1. « Lorsque le roi fait construire un bâtiment public ou privé, on nomme pour le surveiller des officiers qui ont une pension pour cela et qui sont choisis parmi les familles des seigneurs qui sont aux affaires. Ces charges-là durent toujours. Et voilà pourquoi on commence tant d’édifices qui ne sont jamais terminés. » Relation de Giustiniano, 1535. Doc. inéd. Relations des ambassadeurs 'vénitiens , I, 101.