‹ Philibert de l'OrmeChapitre 78 sur 93 · FIG. 5. — PROJET D’AGRANDISSEMENT DE CHENONCEAUX · texte numérisé non relu

FIG. 5. — PROJET D’AGRANDISSEMENT DE CHENONCEAUX

LES MAITRES DE L’ART

chambres, cabinets et galleries, et me donner les mesures de longueurs et largeurs?1 » Comment expliquer, surtout, que de l’Orme, qui ne péchait pas par excès de modestie, se soit contenté de réclamer pour son compte « l’exécution des ornements, symétries et mesures », et le choix de l’ordre ionique, dont il donne une raison quelque peu spécieuse : « C’est pour autant qu’il est femenin, et a esté inventé après les proportions et ornements des dames et déesses, ainsi que le dorique des hommes, comme m’ont appris les anciens?2 » S’il n’y eût rien eu de vrai dans ce rôle prêté à la reine, le compliment au lieu d’une flatterie eût paru une dérision : Philibert était trop bon courtisan pour risquer pareille faute.

Du Cerceau nous a conservé le plan des Tuileries. Conçu par de l’Orme et par Catherine, ou par de l’Orme tout seul, il faut avouer qu’il se présentait avec une grandeur incomparable. Les bâtiments formaient un immense quadrilatère de 1 88 mètres de longueur sur 118 de largeur. Aux angles, de gros pavillons en saillie encadraient sur les grandes faces trois avant-corps, et un seulement sur les petits côtés. L’intérieur était divisé en cinq cours, la plus grande, au milieu, bordée de portiques et de galeries ouvertes, les quatre petites

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