Palissy, loc . cit., II, p
LES MAITRES DE L'ART
fait tort en faisant avant tout de Philibert l’architecte des Tuileries.
Nous avons vu qu’en réalité son rôle ne fut pas moindre dans les bâtiments d’Henri II et de Diane de Poitiers. Il ne nous reste plus, pour être complet, qu’à dire quelques mots des édifices de plus faible importance qu’il construisit pour des particuliers ou pour lui-même, et qu’on n’a pas le droit de passer sous silence quand il s’agit d’un tel personnage.
Ceux que nous connaissons remontent à Henri II. De l’Orme avait commencé un hôpital à Saint- Jacques-du-Haut-Pas l. Il avait, sur la demande du roi, dressé les plans d’un dortoir pour les religieuses de Montmartre à la place du leur qui venait de brûler. L’édifice, qu’on devait construire avec les matériaux d’une salle de triomphe élevée aux Tournelles pour le tournoi de 1559, aurait eu la forme du Panthéon, et trois siècles et demi avant l’église du Sacré-Cœur, aurait couronné la butte d’un dôme « fort bon à voir » , qui eût « représenté à ceux de Paris un globe terrestre ou céleste, encores plus admirable si par curiosité on y eust marqué les heures du jours par l’ombre du soleil ou quelque géographie que
1. Instruction, p. 59. — C’est sans doute le plan qui figure, sans légende, dans l’édition de 1626, à la suite du livre VIII, et qui a été rapporté, sans preuve, à l’Hôtel-Dieu de Paris. T ollet, De V Assistance publique, p. 83.
Y on eust peu discerner sur 'la couverture 1 ».
Pour le banquier Patouillet, cet ancien bonnetier qui avait gagné une fortune en inventant les bonnets carrés2, il fit construire un petit hôtel rue de la Savaterie, avec une trompe analogue à celle de la galerie Bullioud. Le banquier lui avait rendu « service de son état », en lui procurant sans doute l’argent de cet office d’auditeur des comptes dont il n’eut jamais que la promesse. Par reconnaissance, de l’Orme, malgré le peu d’espace dont il disposait, donna tous ses soins à l’édifice, et prit la peine de montrer lui-même aux ouvriers « les traicts, mesures, desseing et artifice qu’il fallait garder » 3. Ce petit hôtel, plein « de grâce et de proportion », qui s’élevait dans le deuxième angle rentrant de la rue, à droite en arrivant par la rue de la Vieille-Draperie, n’existe malheureusement plus. Du temps de Sauvai, la maison abritait un cabaret. Au-dessus de la porte se voyait une figure de fleuve, « tout gâté véritablement de mauvaises peintures, fait par quelque disciple de maître Ponce » 4.