SCÈNE
Les Pre'cédens, CHOPARD , paraissant dans le fond.
chopard.
Et où allez-vous s'il vous plaît , j'ai ordre de votre oncle de vous retenir ici.
MARGUERITE
Vous avez donc de ses nouvelles ?
ciiopard.
Parhleu , si j'en ai...
Air : De la JVahe des Comédiens ■
Vit-on jamais pareille extravagance , Le voilà donc comme je l'ai connu!
Temps orageux de son adolescence Dans son automne êtcs-vous revenu ?
Au boulevard , car j'aime la campagne ,
3'errais en sage , et la canne à la main,
Quand Philibert , qu'un monsieur accompagne ,
Entre au billard dans le café voisin.
Je suis leurs pas... une foule immobile
En cercle e'troit se pressait autour d'eux ;
Grecs et Troyens .. Hector avec Achille
Ont partagé les paris et les Dieux.
L'un a pour lui la finesse et la gi-âce ,
Mais Philibert est sûr de tous ses coups.
De sa vigueur , de son heureuse audace
Spolard lui-même aurait été' jaloux.
Joueur prudent, jamais il ne se livre ,
Son adversaire est partout débusqué ;
C'est le liéros de la partie à suivre ,
Ou mieu.x encor le César du bloqué.
Du dernier point un doublé le rend niailri' ,
Ci'is et bravos précèdent sou départ ;
J'ai vu l'instant où pour le voir paraître
On le faisait monter sur le billard.
Mais ce n'est rien... ô nouvelle surprise I V\i spectateur par ton oncle est heurté Cinq à six fois : c'est ce que n'autorise Ni le billard , ni la civilité.
Je Vois bientôt s'échauffer la querelle , J'essaye en vain de calmer les esprits , De mots en mois l'affaire devient telle, Ou'il faut se battre... et les voilà partis.
Vit-on jamais pareille extravagance :
Par ma présence il n'est pas retenu ; Temps orageux de son adolescence , Ah ! pour le coup vous voilà revenu.
VICTOR
J'y cours...
MARGUERITE
Nous y courons tnas... c'est lui... le voici.
Au moment où ils vont pour sortir^ on aperçoit Philibert donnant la main à sa femme, etàsajille. Victor, Chopard, et Marguerite restent stupéfaits.