SCÈNE
Les Precëdens, CHOPARD.
Eh bien! comment cela va-t-il ce matin ^
CMOPARÏ).
Ah! pas si Jnen qu'autrefois, pai'ce que dans ce temps-lh.. in illo tempore , comme dit le poète :
Air ; Le luth galant qui chanta les amours.
Tout, grâce au ciel, suivait un autre cours , Nous valions mieux; mais , hélas de nos jours , Mon ami , tout va in;il ;
Aucun de nous n'ignore Qu'on le disait jadis comme on le dit encore;
CHOPARD
On le dira toujours.
Cela va sans dire , et c'est même pour cela, Philibert, <{ue je voudrais te parler en particulier.
Mad. PHILIBERT.
Savez-vous où est Victor , monsieur Chopard?
CHOPARD
Mais madame.. (^ Prenant une prise de tabac. ) Hum !
AMÉLIE
Est-ce que vous ne seriez pas content de mon cousin!'
CHOPARD
Il me serait impossible , mademoiselle , de dire le moin dre mot sur son compte.
MARGUERITE , vli'cmcnt.
Vous l'entendez, madame.
Mad. PHILIREKT.
En ce cas, monsieur, nous vous laissons. Ma fille va prendre sa leçon de piano, et moi m'oecuperdes soins de la maison.
( Elle sort. ) AMÉLIE , à Chopard.
Adieu, monsieur Chopard, que vous ctes bon, que vous êtes aimable! Quand vous voudrez je vous jouerai celte sonate de Cldnienti que vous aimez tant.
CHOPARD
Ah! c'est qu'on n'en fait plus comme cela.
Air : Quand on sait aii/ier et ffanv. 0 musique enchanteresse !
Que ton charme est cntrainaiit !
On chantait <lans ma jeunesse , {Â Philibert.)
Nous (U'chantons maintenant.
La p(»liti(jue ciin<;mic N'amenait point de discors.
C'est pour la bonne harmonie Que nous nous battions alors.
J'ai reçu , j'en fais trophée , Dans un lyrique abandon , Deux coups de poings pour Orphe'e Et deux soufflets pour Didori.
C'e'tait le temps des merveilles ; À rOpéra bien souvent On se coupait les oreilles , On les écorche à présent.
0 musique enchanteresse !
Que ton cliarme est entraînant !
On chantait dans ma jeunesse , Nous déchantons maintenant.
Amélie sort.