ACTE DEUXIÈME
8CËNE PREMIÈRE.
TÀLMAT, RAYMOND.
TALMAT.
fites-vous comme moi , Raymond? Quand j'ai dfné J*ai besoin de causer à cœur déboutonné.
Je deviens familier ; les bouteilles vidées M'emplissent le cerveau de fantasques idées ; Je perds la notion du convenable, et sens D*impétueux désirs d*embrasser les passants.
Aussi ce d'OUivon m*importune et m'assomme :
n me glace l'esprit ^ ce vieux petit jeune homme.
BATNOND.
Si monsieur d'OUivon vous paraît si fftcheux, Sa belle-sœur du moins trouve grâce à vos yeux : Vous lui faisiez, me semble, une cour surprenante.
TALMAT.
Cela vous surprend , vous, qui la trouvez charmante?
RAYMOND
C'est qne je me croyais le seul.
TALMAT.
Nous voilà deux.
Ceux qui la trouvent laide, eh bien , tant pis pour euxf
âCIE IL
d'est qu'ils n*ont jftn»» e» k
Moi , qui la regarda» ài tuanm» v^ 1
Je voyais tressaillir en elle, à tout moment,
Quelqjuie grâce nouvelle à chaque mouvement •
Ne vouft-étes vous pas , auprès d'une eau domuaftii,
Amusé quelquefois d'une main nonchalante
A faire s'élargir et courir devant vous
Des cercles lumineux en jetant des caillouz?
Je n'y manque jamais quand la rive est déserte.
Eh bien , je viens de foire auprès de Philiberte
Quelque chose d'assez semMabh» au jet susdit ;
Je viens de lui jeter des pierres 4rs fesprit.
L'image vous parait baiQC|M el vous effraie ;
Mai& céfléchisseiry, voua la sentirez vraie.
Or, qu'est-iL advena? Q«*en fkisaat de mon mieui
Miroiter cet esprit et chatoyer ces yeux,
Je me suis au miroir pris comme une alouette.
EATUOND.
Quoi, monsieurr...
TALMAT.
Hem? monsieur? au diable l'étiquette 1 Appelez-moi Bernard.
BATNOND.
Tous êtes amoureux?
TALMAT.
Oui , radicalement. Et comme c'est heureux'
Voyez : je ne savae» que faire à la campagne;
Mon très-cher oncle, à qui je tiens lîeu de... compagn».
Et que je divertis du nsàot jvsqu'au soir.
Me gardera longt^oups petit-être •& soa maMÎr.
Mon occupation est maintenant trouvée; Une intrigue (l*amour m'égaiera la corvée.
HATUOND.
Une intrigue, monsieur? Vous ne pensez donc point Au mariage?
TALUAT.
Id? Ton suis diablement loin !
Je serai duc et pair, mou cher, et puis prétendre A œ que la noblesse a de mieux pour un gendre.
RAYMOND
Que oompt6B-YOU8 donc Oaire?
TALMAT.
En premier lieu , la cour; Cest Tordre naturel. En second lieu, l'amour.
RATUOND.
Votre projet, monsieur, passe la raillerie.
TALUAT.
Hais appelez-moi donc Bernard , je vous en prie.
RATMOND.
Inutile entre nous de serrer un lien
QuMl faudrait aussitôt briser, je le vois bien.
TALMAT.
Seriez-vous mon rivai par hasard?
RATMOND.
Non pas, certe.
Mais je dois le soutien d'un frère à Philiberte.
TALMAT.
Prenez garde de prendre ici son intérêt