‹ Philiberte: comédie en trois actes et en versChapitre 28 sur 78 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

8CËNE PREMIÈRE.

TÀLMAT, RAYMOND.

TALMAT.

fites-vous comme moi , Raymond? Quand j'ai dfné J*ai besoin de causer à cœur déboutonné.

Je deviens familier ; les bouteilles vidées M'emplissent le cerveau de fantasques idées ; Je perds la notion du convenable, et sens D*impétueux désirs d*embrasser les passants.

Aussi ce d'OUivon m*importune et m'assomme :

n me glace l'esprit ^ ce vieux petit jeune homme.

BATNOND.

Si monsieur d'OUivon vous paraît si fftcheux, Sa belle-sœur du moins trouve grâce à vos yeux : Vous lui faisiez, me semble, une cour surprenante.

TALMAT.

Cela vous surprend , vous, qui la trouvez charmante?

RAYMOND

C'est qne je me croyais le seul.

TALMAT.

Nous voilà deux.

Ceux qui la trouvent laide, eh bien , tant pis pour euxf

âCIE IL

d'est qu'ils n*ont jftn»» e» k

Moi , qui la regarda» ài tuanm» v^ 1

Je voyais tressaillir en elle, à tout moment,

Quelqjuie grâce nouvelle à chaque mouvement •

Ne vouft-étes vous pas , auprès d'une eau domuaftii,

Amusé quelquefois d'une main nonchalante

A faire s'élargir et courir devant vous

Des cercles lumineux en jetant des caillouz?

Je n'y manque jamais quand la rive est déserte.

Eh bien , je viens de foire auprès de Philiberte

Quelque chose d'assez semMabh» au jet susdit ;

Je viens de lui jeter des pierres 4rs fesprit.

L'image vous parait baiQC|M el vous effraie ;

Mai& céfléchisseiry, voua la sentirez vraie.

Or, qu'est-iL advena? Q«*en fkisaat de mon mieui

Miroiter cet esprit et chatoyer ces yeux,

Je me suis au miroir pris comme une alouette.

EATUOND.

Quoi, monsieurr...

TALMAT.

Hem? monsieur? au diable l'étiquette 1 Appelez-moi Bernard.

BATNOND.

Tous êtes amoureux?

TALMAT.

Oui , radicalement. Et comme c'est heureux'

Voyez : je ne savae» que faire à la campagne;

Mon très-cher oncle, à qui je tiens lîeu de... compagn».

Et que je divertis du nsàot jvsqu'au soir.

Me gardera longt^oups petit-être •& soa maMÎr.

Mon occupation est maintenant trouvée; Une intrigue (l*amour m'égaiera la corvée.

HATUOND.

Une intrigue, monsieur? Vous ne pensez donc point Au mariage?

TALUAT.

Id? Ton suis diablement loin !

Je serai duc et pair, mou cher, et puis prétendre A œ que la noblesse a de mieux pour un gendre.

RAYMOND

Que oompt6B-YOU8 donc Oaire?

TALMAT.

En premier lieu , la cour; Cest Tordre naturel. En second lieu, l'amour.

RATUOND.

Votre projet, monsieur, passe la raillerie.

TALUAT.

Hais appelez-moi donc Bernard , je vous en prie.

RATMOND.

Inutile entre nous de serrer un lien

QuMl faudrait aussitôt briser, je le vois bien.

TALMAT.

Seriez-vous mon rivai par hasard?

RATMOND.

Non pas, certe.

Mais je dois le soutien d'un frère à Philiberte.

TALMAT.

Prenez garde de prendre ici son intérêt

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