ACTE II
JULIE
Je crois bien! Vous n*aYez que deux ou trois fenêtres Pour Jeter votre argent au nez de vos ancêtres; Monsieur en a trois cents dans ce palais d'été Qu'on nomme la jeunesse , ouvert de tout c6té
TALMAY.
Et puis votre bonté pour moi n*a pas de bornes.
Mais ma fortune en a, fripon, et tu l'écornes.
Tu récomeras tant et tu feras si bien ,
Vois-tu , qu'après ma mort tu ne trouveras rien.
TALMAY.
Votre mort? Renoncez h cette gasconnade , Cher oncle ! Elle commence à devenir très-fade. Personne n'y croit plus , même mes créanciers , Et vous n*avez p^us cours auprès des usuriers.
LE DUC
Faudra-t-il te prêter mon extrait de naissance Pour que ces mécréants en prennent connaissance' J'ai soixante ans passés.
TALUAT,
C'est ce que je leur dis.
Je crois même en avoir parfois ajouté dix ; Mais c'est parmi ce monde une opinion ferme Que vous êtes venu quarante ans avant terme.
PHILIBERTB.
Par compensation à ceux qui naissent vieux^
d'ollivon.
Votre esprit a vingt ans.
50 PlilLlB£UT£.
LB DUC
Quand on ferme les fvm.
hX MARQUISE.
Non pas. Il rajeunit jusqu'à votre visage.
A votre place , moi , je ferais un voyage , Et je me donnerais pour mon ûls au retour.
LE DUC
C'est une idée.
TALIIAT.
Eh quoi ! vous me joueriez ce tour?
LE DUC
Tiens ! mon rêve «st d'avoir un fils qui me ressemble Justement , et de vivre en bons amis ensemble.
JULIE
Vous vous ressembleriez comme deux gouttes d'eau.
TALilAY.
Seulement mon cousin serait beaucoup moins beau.
LE DUC
Si les deux ne font qu'un ?
TALMAT.
Mais l'enseigne varie ; Vous êtes un bel onde encor, sans flatterie ; , On dit en vous voyant votre canne à la main : Le bel oncle 1 — On dirait : Piètre cousin germain.
i.E DUC.
C'est possible.