‹ Philiberte: comédie en trois actes et en versChapitre 38 sur 78 · ACTE IL · texte numérisé non relu

ACTE IL

D*OLLIVOII.

Cela me rappelle riiistoîre D*un maître baladin qui criak à la foire :

Venez voii le yhs grtnd de tons les nains conBUB , Entrez! 11 a cinq pieds deux pouces, les pieds nut Les lH)unes gens entraient, et sans plus do critique Avouaient qu'en efiPet c'est uu nain magnifique.

LA MARQUISE, tu doo.

Ne changez pas d'enseigne , allez \ c'est plus prudent.

LE DUC

Il le faut , mais c'est bien à mon corps défendant. Hélas! que ne peut-on recommencer à vivre , En effet, et rouvrir ses jours ainsi qu'un livre , Au chapitre qu'on aime! — Ah ! le chapitre vingt!

JULIE

H serait moins charmant quand on saurait la fîn.

LE DUC

Le temps perdu , ce temps que le sage déplore^ Comme je le perdrais encore — et plus encore 1

puiLiBnnTE.

Oui , ne oalomnions jamais le temps perdu, Le plus doux de la vie et le mieux entendu.

Les gens actifs me font l'effet de ces avares Qui se plaignent toujours que les écus sont rares , Et qui prêtent les leurs, au lieu de s'en servir, Jusqii a ce que la mort les leur vienne ravir. La vie est courte? Hé bien ! n'en prétons pas une heure A tout ce qui n'est pas la joie intérieure ;

H PUiLlBERTE.

Promenons-nous au bord des ruisseaux, sous le ciei) Avec de? gens aimés , — voilà l'essentiel.

d'ollivon.

n est certains devoirs pourtant envers le monde , Qu*on ne peut négliger sans que tout se confonde. Je crois que les laisser tout à fait de côté , C'est faire banqueroute à la société.

Le monde...

PHILIBEETE.

On ne lui doit que ce qu'on en exige :

Je consens de bon cœur, pour moi, qu'il me néglige, Et je serais fâchée en certaine occasion Qu'il ne m'appliquât pas la loi du talion.

d'olliyon.

Si chacun raisonnait ainsi, mademoiselle, La politesse enfin où se trouverait-elle?

PHILIBBRTB.

A parler franchement , je n'en fais pas grand cas; C'est l'amitié qu'on montre aux gens qu'on n'aime pas. C'est lesprit seul qui bat cette fausse monnaie , Je le sais ; mais la fausse altère enfin la vraie , Et l'esprit, empruntant au cœur son noble coin, Le lui rend émoussé quand il en a besoin.

d'olliyon.

Mon Dieu , le cœur sans doute est une belle chose , Mais il ne peut servir tous les jours, je suppose...

Et pourquoi donc? qui peut Tobliger à chômer?

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